Portait de Sabine, docteur es salons évènementiels, Volcanic

 A moins de 50 ans, Sabine en est à sa 3ème vie dans l’évènementiel. Chacune d’elles lui a permis de découvrir des univers différents, des gens différents. Et chacune d’elles a été marquée par un événement particulier qui l’a fait évoluer à la fois professionnellement mais aussi personnellement. De la Coupe du Monde 98 aux salons professionnels régionaux en passant par les congrès pour la formation médicale, Sabine aime tout faire, et toujours avec le même plaisir. L’adrénaline reste son moteur et elle souhaite aujourd’hui en faire profiter des entreprises en recherche de visibilité, sur du long terme cette fois.

 

« Coupe du Monde 98 ? Je n’ai même pas vu de matchs »

Dans les années 90, recruter et encadrer des hôtesses d’accueil pour des salons était possible sans diplôme si on était un peu débrouillarde, et qu’on connaissait le job. Sabine avait déjà arpenté les moquettes des salons pendant plusieurs mois en tant qu’hôtesse. Alors quand un client lui demande si elle est capable de gérer une équipe, la réponse ne se fait pas attendre. Et lorsqu’une amie qui travaille en agence lui demande de recruter pour la tournée promotionnelle d’une grande marque d’eau gazeuse, là encore elle répond présente, avec succès. Sa mission de 2 mois se transforme alors en collaboration pendant 5 ans.

C’est au sein de cette agence que Sabine va découvrir la logistique terrain de gros évènements. A l’occasion de la Coupe du Monde 98, une entreprise souhaite fidéliser ses clients et ses ambassadeurs en les invitant à des matchs. Et pendant la Coupe du Monde, des matchs il y en a eu beaucoup, éparpillés un peu partout en France. Il faut donc recruter et former une vingtaine de chauffeurs et hôtesses par ville où se déroulent les matchs pour assurer l’accueil, le transfert et le transport des invités sur site. Sabine gère donc environ 80 personnes par jour, réparties aux 4 coins de l’hexagone. « Ça a été un vrai challenge pour moi. D’habitude un salon on gère sur place. Là je devais être partout à la fois et capable de réagir à distance. C’était physiquement épuisant. Je me couchais vers 1h du matin et me levais à 6h. Dès que j’avais 5 minutes, je dormais n’importe où. Mais c’est aussi un excellent souvenir, même si je n’ai pas eu le temps de regarder les matchs. Une belle aventure humaine, et logistique ! A la fin de l’événement, pour nous remercier, le client a invité toutes les équipes le temps d’une soirée. Revoir les gens a été un moment magique qui nous a tous touché. On s’en souvient encore aujourd’hui. »

 

« Que l’événement soit gros ou petit, j’ai toujours le même plaisir »

En 2001 l’agence dépose le bilan. Sabine – qui bosse toujours en parallèle en free pour 2 ou 3 agences –  est alors recrutée par une autre agence où elle va cette fois découvrir le monde médical avec ses normes strictes, ses comités scientifiques et ses règles de confidentialité particulières. Son job : organiser des congrès et des évènements liés à la formation des médecins. On est donc très loin des stades de foot et du glamour d’un évènement mondial. Mais cela n’a pas d’importance pour Sabine. « J’organisais environ 22 salons par an, avec un nombre de participants médecins qui variait de 50 à 3000 suivant le lieu. La redondance ne m’a jamais gênée. J’avais toujours autant de plaisir à faire mon travail et j’ai appris énormément. »

C’est également à cette époque que Sabine fait une rencontre marquante. « Je devais organiser un événement conjointement avec une femme chercheuse dans le secteur de la santé et qui travaillait pour de grands laboratoires étrangers. J’étais très impressionnée à l’idée de la rencontrer. Elle devait avoir un bac +312 et moi rien ! Nous n’avions rien en commun. Mais il se trouve que nos compétences étaient parfaitement complémentaires et que nous avons chacune fait appel à notre bon sens. Elle m’a dit avoir été impressionnée par mon côté fonceur qu’elle n’avait pas, et moi de mon côté j’admirais son parcours. Et l’événement a été une réussite ». La préparation ce cet événement s’est également déroulé à un moment particulier de la vie personnelle de Sabine. « J’avais des problèmes de santé. Et c’est assez naturellement que j’en ai parlé avec elle. Elle m’a été d’une grande aide et depuis nous sommes amies. Ça ne serait jamais arrivé sans la magie de l’évènementiel ! »

 

« Je sais pourquoi je me lève le matin »

Depuis plus de 2 ans, Sabine a quitté Paris pour la province. En fait c’est plutôt la province qui a choisi Sabine et son parcours. Les débuts n’ont pas été simples « Ici les gens prennent le temps et j’ai même failli revenir à Paris au bout d’un mois. L’espace-temps est différent ». Mais le sens qu’elle trouve dans sa nouvelle mission prend le dessus. « Via une association j’accompagne des entreprises (TPE, PME, Starts-Up…) innovantes dans certains secteurs à être plus visibles sur la scène régionale et nationale en organisant leurs présences sur des salons ou d’autres évènements. Il peut s’agir de petits ou de gros évènements comme Pollutec, le Salon du Bourget ou Ma Transfonum. L’adrénaline et le plaisir sont toujours là, voire même plus ».

Sabine compare souvent un événement à un enfant. On le conçoit, on accouche et on l’élève puis il vit sa vie. Il y a un début et une fin. Mais continuer à garder un œil dessus pour voir comment il s’en sort et rester présente, ça elle ne l’avait pas encore fait. Et c’est aujourd’hui ce qui la motive : « Beaucoup d’entreprises n’ont ni le temps ni forcément les ressources internes pour se développer. Les salons, donc le terrain et les rencontres, sont le meilleur moyen pour elles de se faire connaître et de grandir en étoffant leur réseau. Je fais en sorte qu’elles puissent générer de l’attractivité, nouer de nouveaux contacts. Ils sont contents, et moi aussi ». Ses clients, elle pourrait en parler des heures car ils ont tous de vraies valeurs et des messages à transmettre. « Les voir grandir donne un sens à ce que je fais ».

 

Bien sûr, tout n’est pas rose au pays du parapublic. Il faut notamment faire avec des budgets tendus. Mais Sabine ne s’arrête pas à ça. Son truc c’est l’action. De sa vie parisienne elle a gardé des automatismes, une rapidité d’action et de décision qui lui permettent également de travailler parallèlement en free.  « Je suis souvent débordée mais jamais sous pression ». Le rythme provincial lui convient bien finalement. Son seul regret ? « J’aurais aimé passer un CAP de menuiserie. J’aime l’odeur du bois, transformer quelque chose avec mes mains ». Alors quand il lui reste du temps, Sabine fabrique des petits meubles.