RSE, ou Responsabilité Sociale (ou Sociétale) des Entreprises. Usine à gaz pour certains, simple opération de greenwashing pour d’autres ou réelle opportunité pour les entreprises ? Depuis sa mise en place en 2010 la RSE divise. Mais qu’est-ce que la RSE ? Quels sont ses avantages pour une entreprise et comment la mettre en place dans votre société ? Volcanic vous explique tout.

Qu’est-ce que la RSE ?

EN 2011, la Commission Européenne définit la RSE comme « un concept dans lequel les entreprises intègrent les préoccupations sociales, environnementales et économiques dans leurs activités et dans leurs interactions avec les parties prenantes sur une base volontaire ». En plein essor de la mondialisation, il s’agit donc, de la part de nombreux états, d’une prise de conscience des impacts de l’activité économique (quelle qu’elle soit) sur l’environnement, sur les salariés et plus généralement sur la société.

Petite histoire de la RSE

En France l’origine de la RSE remonte déjà aux années 2000, et plus précisément à la loi NRE (Nouvelles Régulations Économiques) votée le 15 mai 2001. Celle-ci impose alors aux entreprises cotées en Bourse la publication d’un rapport annuel dans lequel elles doivent indiquer comment elles prennent en compte les conséquences environnementales et sociales de leurs activités. C’est encore un peu flou, et les entreprises ne semblent vouloir retenir que l’environnement, oubliant le volet social de la mesure. Elles se limitent alors, pour beaucoup, à de simples opérations marketing de « greenwashing », à savoir utiliser les termes « durable » ou encore « environnement » dans toutes leurs communications pour se donner une image verte, sans mettre en place de réelles mesures.
En 2011, le Grenelle 2 enfonce un peu plus le clou. Les entreprises dont le montant net de CA ou total de bilan égalise ou dépasse 100 millions d’euros, ainsi que celles dont l’effectif dépasse 500 salariés sont également soumises à cette obligation de reporting RSE (ou rapport extra-financier). A noter – et c’est typiquement français – que seul le reporting est obligatoire. Il n’existe aucune obligation de mettre en place quelque mesure que ce soit, ni aucune sanction en cas de mensonge sur ses engagements…

ISO 26000 et RSE

Dans le même temps l’ISO (organisme chargé de définir les normes ou standards internationaux), a définit la Norme ISO 26000 sur la Responsabilité Sociale des Entreprises afin d’en encadrer le périmètre. Plus qu’une norme au sens restrictif du terme, il s’agit essentiellement de lignes directrices qui doivent aider les entreprises dans leur démarche RSE. Celle-ci s’articule autour de 7 questions centrales :

  • La gouvernance de l’organisation
  • Les droits de l’Homme
  • Les relations et conditions de travail
  • L’environnement
  • La loyauté des pratiques
  • Les questions relatives au consommateur et à sa protection
  • Les communautés et le développement local

Pour les entreprises, le chantier est vaste ! Plus de transparence, d’éthique, mais aussi d’humain au cœur de l’entreprise. Pas simple, car c’est tout un modèle, celui de l’entreprise toute puissante et qui n’a de compte à rendre à personne, qui est remis en cause. Et avant que de réels changements puissent s’opérer il faut d’abord accepter que jusque-là, entreprise/environnement/humain ne faisaient pas bon ménage.

Une lente prise de conscience et mise en place de la RSE

Les grandes entreprises, seules légalement concernées par cette obligation de reporting extra-financier, ont mis du temps à réellement s’impliquer dans une démarche RSE. Il ne s’agit pas toujours de mauvaise foi de leur part mais aussi parfois d’un manque de cadre, d’éléments précis à prendre en compte au départ. Aujourd’hui le Medef propose déjà sa deuxième édition d’un guide méthodologique pour le reporting RSE, ou comment tout savoir de la RSE. Et avec l’obligation de reporting, de nombreuses entreprises se sont créées afin d’accompagner les entreprises dans cette démarche avec audit, analyse des infos et préconisations variées.
D’abord subit, la RSE est en train de devenir un outil de développement pour de nombreuses entreprises qui ont bien compris les avantages – qui dit entreprise dit bénéfices, n’est-ce-pas ? – que la mise en place d’une RSE pouvait leur apporter, et pas uniquement en matière d’image face à un consommateur devenu plus exigeant. Amélioration des conditions de travail, réduction des risques ou encore meilleure intégration sur les marchés européens, les avantages sont nombreux. Et même si les PME et TPE n’ont aucune obligation en la matière, intégrer une démarche RSE peut représenter une réelle opportunité pour elles aussi, à condition de savoir comment faire.

Comment mettre en place une démarche RSE ?

Depuis quelques temps, les TPE et PME s’intéressent également de très près à la RSE. Car même si la loi ne les oblige en rien, adopter une RSE peut leur permettre de bénéficier des mêmes avantages que les grandes entreprises, tout en se démarquant de la concurrence. Guides pratique en ligne, carnet de route, autodiagnostic ou encore liste d’actions à mettre en place, le net propose tout un tas d’outils et de ressources qui peuvent aider les chefs d’entreprise dans leur démarche RSE. Le Comité 21 propose quant à lui des formations à destination des TPE/PME dans certaines villes de France, ainsi qu’une boîte à outils pour les adhérents. Enfin le site e-rse permet également de consulter les démarches RSE de grandes entreprises. De quoi trouver l’inspiration et définir, en fonction des besoins et des attentes, son propre guide de bonnes pratiques et sa propre démarche RSE. Car pour que la RSE porte ses fruits, elle doit être adaptée à la taille et aux objectifs de l’entreprise, sans oublier d’intégrer de façon volontaire toutes les parties prenantes (dirigent, salariés, fournisseurs, consommateurs).

Communiquer équitablement sur votre RSE

La mise en place d’une démarche RSE ne se fait pas du jour au lendemain. Cela prend du temps. Et pour qu’elle porte ses fruits sur le long terme il est primordial de communiquer dessus, sans pour autant en faire des tonnes sur votre compte Twitter and dans vos newsletters sur le nombre de gobelets plastiques que vous avez remplacés par des gobelets recyclables. Cela finirait par paraître louche aux yeux du consommateur, et donc contreproductif. Les labels et les certifications peuvent être un bon moyen de faire (re)connaitre vos bonnes pratiques et orienter le consommateur. Label Lucie, Label Engagé RSE (AFNOR) ou encore Envol, il en existe déjà plusieurs. A vous de voir quelle certification peut le mieux correspondre à votre entreprise.

Engager son entreprise dans une démarche plus responsable et plus vertueuse est aujourd’hui une nécessite qui répond aux attentes de nombreux consommateurs. La RSE participe de ce mouvement où durable et équitable ne sont pas que des mots mais gages d’un réel engagement qui suscitera la confiance de toutes les parties prenantes, et au final du consommateur. Alors avez-vous intégré une démarche RSE dans votre entreprise ? Et quelles sont les actions que vous avez menées ?