Depuis 1974, le Playmobil n’a pas pris une ride, même s’il a changé de coupe de cheveux. Devenu orphelin depuis la mort de son créateur Horst Brandstätter mercredi 3 juin, ce jouet auquel personne ne croyait continue d’alimenter l’imaginaire des petits et de faire la joie des collectionneurs. Une histoire familiale devenue celle de toutes les familles françaises.

Playmobil : un personnage en plastique qui doit tenir dans la main d’un enfant

playmobil7,5 cm de haut tout en plastique, un visage rond sans nez ni oreilles, des cheveux coupés en zig-zag…Les Playmobil sont loin de ressembler à des poupées Barbie. Mais avec leur taille idéale pour être pris en main par un enfant et leurs bras articulés, ils font des compagnons de jeux parfaits, reléguant au rang d’antiquité les soldats de plomb de l’époque.

Déclinés d’abord en chevaliers, indiens et ouvriers, ils s’adressent en priorité aux petits garçons. Il faudra attendre 1976 pour que Me Playmobil arrive, et 1989 pour qu’elle ait de la poitrine…Au fil du temps, Playmobil décline des univers complets, à la fois bien réels ou imaginaire, jusque dans les moindre détails et accessoires, permettant à chaque enfant de faire vivre et d’agrandir sa thématique préférée. Chevaliers, policiers, dinosaures, personnages de la ferme ou de la savane, école…Playmobil voit grand. Chaque année de nouveaux modèles, de nouveaux accessoires sortent alors que d’autres sont abandonnés pour laisser la place à des séries limitées pour Noël ou Pâques, alimentant ainsi la frénésie de certains collectionneurs tombés dans les Playmobil quand ils étaient petits.

Sans crise pétrolière, pas de Playmobil !

272369402c0aaa03f87360abb428bComme Opinel, Playmobil est d’abord – et encore aujourd’hui – l’histoire d’une entreprise familiale, celle des Brandstätter. Spécialisée dès sa fondation en 1872 dans la création de ferrures et de serrures métalliques, elle s’oriente rapidement dans la fabrication de jouets en métal. Mais Horts Brandstätter, plutôt orienté nouvelles technologies à l’époque, décide dès les années 50 de travailler le plastique. Il cible les enfants et les jouets dans lesquels ils peuvent entrer tels que les voitures à pédales. Son premier succès remonte à 1958, date à laquelle il inonde le marché du hula hoop.

Le premier choc pétrolier de 1973 oblige Horst Brandstätter à revoir sa production, trop consommatrice de plastique. Avec Hans Beck, directeur du bureau d’études de la société, il travaille alors sur une figurine de petite taille, moins chère à produire, mais articulée. Un pari osé qui nécessite de fabriquer des moules différents pour chaque pièce qui compose la figurine.

« Klicky », son 1er nom, débarque au Salon International du Jouet de Nuremberg en 1974 où seul un grossiste néerlandais passe une grosse commande. En pionnier du marketing viral, Horst Brandstätter contacte d’autres acheteurs en les informant de cette bonne nouvelle, tout en les prévenant qu’ils vont rater l’affaire du siècle s’ils ne passent pas également commande. Et ça marche.

Le plastique c’est fantastique

playmobil-figure-made-by-7a4a-diaporamaAuprès des enfants, le succès de Klicky (rapidement rebaptisé Playmobil) est immédiat car les figurines peuvent enfin bouger, même si il faudra attendre 1982 pour que les mains tournent. Très solides, facile à mettre dans une poche et à transporter partout y compris à l’extérieur, les Playmobil sont également dotés de nombreux accessoires qui permettent une plus grande liberté de jeu qu’avec des figurines en bois ou des soldats de plomb de l’époque.

Au fil des ans, la marque s’est enrichie de nombreux univers (1/4 de la gamme change tous les 3 ans) en s’attachant toujours aux moindres détails. Les figurines ont vu leurs courbes s’adoucir, avec plus de 50 coupes de cheveux différentes à ce jour, des enfants, des bébés ainsi qu’une gamme spécifique adaptée aux plus jeunes.

Playmobil n’a jamais cédé aux appels des sirènes de la mode ou encore des licences (Star Wars, Spiderman…). « Ne jamais être à la mode pour ne jamais être démodé », telle était la devise de Horst Brandstätter. Une devise qui semble lui avoir bien réussi.

Playmobil n’est pas qu’un jeu d’enfants

Tim_ProfilbildPlus de 2,7 milliards de Playmobil ont été vendus depuis leur création en 1974. Chaque année, plus de 150 millions de figurines et accessoires sortent des usines allemandes de Zindorf, berceau de l’entreprise familiale dont le CA dépasse les 590 millions d’euros. Un succès qui ne doit rien au hasard mais au travail des équipes de la marque. A l’image de Kinder, il faut compter de 2 à 3 ans de la création à la mise sur le marché d’un produit Playmobil. Là encore, une équipe de designers, maquettistes et sculpteurs, s’appuie sur les dessins et les demandes d’enfants que la marque reçoit chaque jour par courrier. Chaque pièce validée doit ensuite être fabriquée dans un moule spécifique. On en compte plus de 12 000 aujourd’hui, conservés précieusement dans un coffre-fort géant sous le siège de la société. Un trésor estimé à 250 millions d’euros…

Pour répondre à l’appel de ses fans de tous âges, Playmobil crée en 1999 le 1er parc d’attraction entièrement dédié à la figurine à Zindorf, Funpark, avant de se déployer à Paris ou encore aux Etats-Unis. Un club pour collectionneurs, le Playmobil Collectors Club a également vu le jour.

Fin 2009, une exposition au Musée des Arts Décoratifs de Paris a célébré les 35 ans de la marque. Pendant quelques semaines, les « playmophiles » de la 1ère génération (ceux de la coupe en zigzag) ont pu revoir leurs personnages préférés, partageant leurs souvenirs avec leurs enfants, la nouvelle génération Playmobil. Quand on vous dit que c’est une histoire de famille…

Héros de notre enfance, star de nombreuses vidéos sur Youtube, de sites où il est customisé (on trouve même un Sarkobil) ou au centre de travaux artistiques, le Playmobil fait toujours travailler l’imaginaire.

Et vous, quel Playmobil souhaiteriez-vous avoir ?