Portrait d'Arnaud, régisseur général dans l'évènementiel

Quand Arnaud a quelque chose à dire, il n’hésite pas. La franchise est une seconde nature chez lui, la première étant d’aimer rencontrer des gens, quels qu’ils soient. Le milieu du spectacle, Arnaud est né dedans et c’est tout naturellement qu’il s’est tourné vers l’évènementiel il y a plus de 35 ans. Il a évolué en même temps que le milieu et a appris à faire avec ses « bons » côtés, et ses « mauvais » qui, selon lui, ne le sont jamais vraiment car il y a toujours quelque chose, ou plutôt quelqu’un d’intéressant à découvrir. Et chez Volcanic, c’est aussi pour ça qu’on l’aime.

« L’évènementiel, je n’ai jamais rien fait d’autre »

Quand un père qui travaille dans le cinéma s’est toujours juré que son fils ne fera pas ce métier, ce dernier a alors deux options : l’écouter, ou pas. Arnaud n’a pas écouté. Dès le bac en poche il arrête ses études. « Avec un bac B je n’étais pas bon à grand-chose dans ce milieu, mais j’y suis allé ». Quelqu’un de sa famille le fait entrer au Moulin Rouge où il apprend la lumière pendant 2 ans. 2 ans de vacances selon lui. Il découvre les grands évènements en 1986 en participant comme roadies, toujours par relation, au concert de Madonna au Parc de Sceau. Des amis qu’il s’est fait dans le milieu le font alors rentrer chez Fiat Lux, une société leader dans l’éclairage scénique. C’est là qu’il apprend les bases de la technique lumière, en fabriquant des barres de projecteurs.

Histoire de voir autre chose, Arnaud quitte le milieu du spectacle pour entrer dans celui du cinéma. Il réapprend tout depuis le début, encore. Mais l’appel de l’évènementiel, et de ses amis qui y travaillent, est plus fort et après 3 ans, il retourne à ses premières amours. Côté technique et régie lumière, Arnaud a fait le tour. Il rencontre alors l’un des plus grands régisseur général de l’époque. Avec lui il apprend la conception lumière, mais Arnaud n’est pas tellement emballé. Ce qui l’intéresse c’est une autre facette du métier : celle de pouvoir coordonner des corps de métiers différents, et donc de rencontrer des gens différents. « Rencontrer tous les prestataires, de la logistique à la technique, les faire travailler ensemble sans qu’ils se marchent sur les pieds, c’est ce que j’aime ». D’abord adjoint, Arnaud va à nouveau se former « sur le tas » avant de devenir à son tour régisseur général en 1999. Depuis il a encore ajouté d’autres cordes à son arc, comme le topage et la direction de production.

« Quand l’ambiance de travail est bonne, c’est un bon événement »

Arnaud fait partie de ceux qui ont vu l’évènementiel débuter, et ont grandi avec. Il a donc connu les années 80-90, celles où un événement se devait d’être flamboyant. « En 84 il n’existait que très peu d’agences alors c’était à celle qui ferait l’évènement le plus spectaculaire. Il y avait des gens de théâtre, des metteurs en scène, de la créativité, de l’argent…tout le monde était optimiste alors tout allait bien. Et puis petit à petit la concurrence est arrivée avec d’autres agences, d’autres prestataires techniques ». Mais quand on est là depuis le début, on a nécessairement déjà de l’expérience, et la légitimité qui va avec quand on fait bien son travail. Arnaud ne tient pas le compte des évènements auxquels il a participé, mais certains l’ont plus marqué que d’autres. « De 2001 à 2007 j’ai été régisseur plateau des Victoires de la Musique. J’ai aussi participé à l’inauguration du Crown Hotel à Macau en 2007, avec 80 artistes du Cirque du Soleil. Et puis j’ai monté la régie accueil du concert de Johnny Hallyday à Fréjus en 2016 ». Si Arnaud mentionne ces évènements, ça n’est pas pour faire briller son CV, il n’en n’a ni besoin ni envie. C’est parce qu’ils combinent à la fois défis techniques et formidable relationnel, travail et plaisir. « C’est également le cas pour le salon Viva Technology pour lequel je suis Directeur de Production depuis 3 ans. On a commencé tout petit, avec juste 75% d’un hall. Puis le salon a grandi, et on occupe aujourd’hui 2 halls et le Dôme. En 3 ans l’équipe a peu changée alors on connaît presque tout le monde et c’est une très bonne ambiance, même si le salon a pris une autre dimension ».

Des mauvais souvenirs ? Arnaud doit réfléchir un long moment. « Je suis quelqu’un d’optimiste alors j’ai tendance à évacuer les mauvais souvenirs ». Quand il en trouve, c’est que quelque chose à coincé, et ça n’est pas forcément lié qu’au travail. « Il y a 15 ans j’ai travaillé sur un événement pendant 3 semaines en Arabie Saoudite, bien loin de la capitale. J’avais déjà travaillé au Moyen-Orient avant mais là-bas c’était très différent. Les conditions étaient très difficiles, d’un point de vue technique et logistique. On me disait : « Notre pays a 70 ans, on n’avance pas comme vous ». Et c’était vrai, donc très compliqué ».

« Les gens, les relations humaines, c’est ce qui compte »

Et puis il y a eu 2009. Tous ceux qui ont suffisamment d’expérience dans l’évènementiel mentionnent un avant, et un après cette date. « Un événement dépend souvent de la situation économique. Quand elle est moins bonne, on est plus sobre et souvent moins imaginatif. Mais une entreprise ne peut pas se passer de communiquer alors elle s’y prend autrement. Aujourd’hui les grosses entreprises gèrent leurs évènements d’une autre manière, souvent en interne. Cela laisse globalement moins de place à l’imaginaire.

Heureusement il reste les rapports humains, et toutes les personnes différentes qu’Arnaud croise dans son travail et qui en font tout l’intérêt. « Je travaille dans ce milieu depuis 35 ans alors j’ai forcément un réseau, des gens que je connais et avec qui je travaille depuis longtemps. Mais il y aussi tous les autres, les nouveaux clients, ceux qui viennent d’arriver dans une agence avec qui j’ai l’habitude de travailler. Et puis quand je suis en déplacement, dans n’importe quelle ville, il y a les gens que je rencontre à l’hôtel ou au restaurant. J’aime les gens alors pour moi c’est toujours très enrichissant ».

« Dans quelques années je ferais surement autre-chose, comme travailler en bermuda à vendre des sardines et du rosé sur une plage ». Un canular ? Peut-être. Arnaud a bien pour projet de déménager bientôt au bord de la mer mais ne compte pas pour autant arrêter son job dans l’immédiat. Après tout, le télétravail existe, tout comme l’avion ou le train, et il l’a déjà fait par le passé. Alors sa future deuxième vie ne sera peut-être pas dans la sardine et le rosé, mais forcément basée sur le relationnel. On ne se refait pas.

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