Le 13 septembre prochain Lima sera de nouveau à l’honneur. Exit la conférence de l’ONU sur le climat en 2014 (et son texte qui finalement n’a engagé personne), bonjour la désignation de la ville hôte des JO 2024. Et sans réelle surprise, c’est Paris qui devrait être désignée pour recevoir la 33ème édition de l’événement sportif le plus important au monde. Alors comment Paris a-t-elle réussi à remporter la première place ? Histoire d’un marathon commencé en 2015.

Paris 2024, une candidature pas forcément évidente

Recevoir les JO ne s’improvise pas. Entre le moment où le CIO invite les différents Comités Nationaux Olympiques à faire part de leur intérêt à présenter leur candidature à l’élection de la ville il faut compter presque 10 ans. Un parcours plus long qu’une course d’obstacles mais tout aussi difficile.

Depuis quelques années en effet, les candidatures se font rares. En cause le coût financier de l’événement – qui n’a cessé de déraper ces dernières années – difficile à justifier auprès de ses concitoyens alors que la situation économique n’est pas au beau fixe, et un désintéressement progressif de la population pour vivre l’événement en direct. Paris a donc pris son temps. Et si la Maire de Paris Anne Hidalgo n’était pas très disposée, au départ, à recevoir les JO dans sa ville, elle s’est laissée convaincre par l’ancien Président de la République François Hollande qui voyait dans l’organisation de cet événement une belle opportunité pour la France et Paris, 100 ans après avoir reçu les derniers JO.

Des villes candidates pas toujours soutenues

C’est donc le 23 juin 2015, à l’occasion de la journée olympique que Paris annonce sa candidature. A la clôture du dépôt des candidatures, 4 autres villes sont retenues comme candidates : Los Angeles, Rome, Budapest et Hambourg. En novembre 2015, après un référendum, les habitants d’Hambourg refusent que leur ville soit candidate. En octobre 2016 c’est au tour de Rome de jeter l’éponge puis de Budapest en février 2017, sujette à une forte opposition locale et de moyens financiers limités. Le début d’année la place se jouera donc entre Paris et Los Angeles.

Et les finalistes sont…

Pendant ce temps Paris peaufine sa candidature et valide avec succès les 3 étapes de son parcours de ville candidate : vision, concept et stratégie/Gouvernance, aspects juridiques et financement des sites/Livraison des jeux, expérience et héritage en termes de sites olympiques. La deuxième étape est souvent la plus attendue par les détracteurs : le coût d’un tel événement. Paris disposant déjà de nombreuses infrastructures sportives établit son budget à 6,6 milliards d’euros. Un budget « modeste » en comparaison de celui de Pékin en 2008, recordman toutes catégories avec ses 32 milliards d’euros. Paris répond donc au souhait du CIO d’éviter à nouveau tout dérapage financier, très mauvais pour l’image de marque. Une image de marque qui a déjà bien souffert ces dernières années des scandales à répétitions au sein du CIO…Ne reste donc en finale que Paris et Los Angeles.

Comme à « L’école des fans », tout le monde a gagné ?

Le suspens aura été à peu près aussi long qu’un 100 m en athlétisme : le CIO opte en juillet à l’unanimité pour une double attribution, Paris en 2024 et Los Angeles en 2028. En juin 2017, le maire de Los Angeles avait laissé entendre que la candidature de sa ville pourrait être également valable pour 2028. Pour Paris, qui ne vise que 2024, c’est l’occasion à ne pas rater. On ne saura jamais réellement ce qui s’est joué en coulisses entre Paris, Los Angeles et le CIO pour arriver à cette double attribution. Certains pensent que Los Angeles aurait négocié une contribution plus importante du CIO pour « attendre » son tour en 2028. D’autres que le CIO, en remplissant son planning JO à l’avance, évite ainsi de faire face au manque d’enthousiasme grandissant de nombreuses villes à se porter candidates.

Tout le monde n’est pas supporter de Paris 2024

Plus qu’un évènement sportif, Paris 2024 (faites le signe avec les mains…) est conçu comme un accélérateur du développement du Grand Paris, qui intègre également le développement durable. Porté par de nombreux athlètes français et le Président Macron qui n’a pas hésité à mouiller la chemise fin juin – s’essayant au tennis et à la boxe – lors des journées olympiques, Paris 2024 est aux yeux de ses défenseurs une opportunité (financière ?) à ne pas rater. Pour d’autres, cela fait longtemps que les Jeux Economiques ont remplacé les Jeux Olympiques. Une foire aux sponsors (gros de préférence), à la malbouffe et à la publicité qui exclue ceux qui n’ont pas les moyens d’y participer (pour cause d’inflation des logements à ce moment-là) ou qui restent coincés dans les embouteillages causés par les différents évènements.

Mais les JO c’est aussi la fête, le parcours de la flamme, une cérémonie d’ouverture certes chère mais toujours grandiose, et des athlètes de haut niveau qui donnent le meilleur d’eux-mêmes sans être forcément dopés. Il y aura donc les pro Paris 2024, et les contre. Il sera toujours temps de faire un bilan après.