On le croyait à jamais disparu du bitume mais voilà qu’il re-renait. Solex serait-il un phénix ? Il semble en tout cas que beaucoup croient que la marque Solex ne puisse pas mourir et cette année, c’est le groupe Easybike qui décide de relancer la production du vélo-moteur le plus célèbre de France avec plusieurs Solex haut-de-gamme qui seront à nouveau fabriqués dans l’hexagone. Cocorico !

Solex, LE cyclomoteur

A l’exception des plus jeunes, tout le monde connaît Solex. Appartenant à l’imagerie populaire à peu près autant que le béret, la baguette ou Jacques Tati, Solex est une marque de vélomoteur, le premier à avoir été inventé en France. Remportant un vif succès en France pendant plus de 40 ans, il est ensuite tombé en désuétude (sauf pour les collectionneurs). Après plusieurs rachats successifs et une première tentative de remplacement du moteur par une batterie électrique en 2005, le Solex a à nouveau disparu avant de commencer aujourd’hui une nouvelle vie sur les routes.

 Solex, une partie du patrimoine industriel français

L’histoire de Solex est liée à celle de deux hommes, Maurice Goudard et Marcel Mennesson. En 1905 ces deux ingénieurs créent leur société de mécanique. Ils fabriquent alors des carburateurs, des radiateurs centrifuges et des starters pour l’industrie automobile. Pour que le nom de leur entreprise soit plus facile à retenir que leurs deux noms de famille, ils changent pour Solex. Sentant l’explosion future du marché automobile et grâce à un appel d’offre, ils remportent le marché de la Compagnie Générale des Omnibus qu’ils équipent de carburateurs centrifuges.

Mais les deux hommes ont une autre idée en tête : une bicyclette avec un moteur à explosion. Le premier brevet est obtenu fin 1917. S’en suit un deuxième, obtenu en 1919, pour un vélo complet, avec cadre, suspension, colonne de direction…Mais la production ne suit pas. Il faut attendre 1940 pour que Marcel Mennesson sorte son premier prototype avec un moteur de 38 cm3 situé à l’avant, une transmission à galet, le tout sur un cadre très solide. C’est le premier cyclomoteur complet.

Homologué en 1943, le VéloSolex (puis Solex pour les intimes) est officiellement mis en vente en 1946. Il coûte alors 13 300 francs, soit moins que le salaire minimum mensuel. Economique et bon marché, le succès est immédiat. En 1947 BP met au point la Solexine, un mélange conçu pour le Solex et disponible dans toutes les stations-service de France ce qui permet au VéloSolex de se développer encore plus. Les années 50 marquent l’apogée du Solex. Environ 100 Solex sont produits par jour. Le modèle se perfectionne et les premiers numéros de série apparaissent. Dans les années 60, ce sont 1500 Solex qui sont vendus par jour, popularisés par Tati, Brigitte Bardot ou encore Belmondo.

Dans les années 70 une partie des parts de la marque est d’abord reprise par Renault. Mais les ventes ne suivent plus et en 1988 la production française de Solex s’arrête. Fiat rachète la marque en 1998, sans succès. Puis c’est le groupe Cible qui, le premier, décide de commercialiser un Solex électrique pour relancer la marque, le e-Solex fabriqué en Chine. Le succès n’étant toujours pas au rendez-vous, Easybike rachète Solex en 2013. Conscient de l’attachement des Français à la marque (les collectionneurs et amateurs se les arrachent) et du potentiel de la mobilité électrique, le groupe, spécialisé dans les vélos à assistance électrique décide de relancer Solex en proposant 3 nouveaux modèles au début de cette année qui tous seront produits en France, à Saint-Lo.

Solex, la mobilité pour tous

Moins d’un mois de salaire pour pouvoir rouler à 35 km/h, voilà ce qui a d’abord séduit le public. Ajoutez à cela un excellent réseau de stations-service pour se ravitailler – ce qui n’est pas encore le cas pour la voiture électrique…- et vous obtiendrez la recette du succès. Et pas besoin de permis, de code ou autre, en tout cas à l’époque. Robuste, simple à utiliser même pour un enfant de 8 ans (c’est ce que disait la pub à l’époque), se faufilant partout et rapide pour les critères d’avant 1970, le Solex a remporté un vrai succès avant que la vente de voitures devienne massive, tout comme celle des mobylettes et autres scooters. Un virage que Solex a raté.

Mais pendant toutes ces années les sites internet d’amoureux du Solex se sont développés et les collectionneurs de Solex sont toujours très nombreux.

 Solex, un moteur bridé mais un record de ventes

Entre 1946 et 1988 il s’est vendu un peu plus de 7 millions de Solex sous différentes versions. Un vrai record. Avec l’aide de la BPI (Banque Publique d’Investissement), Easybike a investi 5 millions d’euros pour redonner vie au Solex version « verte » donc électrique. Désormais on ne parle plus vitesse mais autonomie de batterie (jusqu’à 170 km).

Trois modèles sont proposés à la vente, mais cette fois le prix ne correspond plus vraiment à moins d’un SMIC mensuel. Le coût du Made in France, mais aussi celui de nouveaux designs, nouvelles batteries Bosch et autres innovations techniques, et des modèles qui ne se contentent plus du bitume. Le modèle SUV « Solex Sport Dirt » (oui, comme les voitures !) est par exemple adapté aux terrains difficiles alors que le « Solex Sport Urbain » aime autant les villes que la campagne. Alors pour ceux qui souhaiteraient acquérir un nouveau Solex, comptez de 2699 à 2899 euros mais sachez que des subventions existent pour l’achat de véhicules propres, même s’ils n’ont que 2 roues…

Solex semble avoir opté pour le vélo plutôt que le vélomoteur. Seuls subsistent des anciens modèles le logo et le phare à l’avant qui reprend les lignes de l’ancien moteur. Alors ce Solex électrique, ça vous branche ?