Monoprix fait partie du paysage urbain depuis plus de 83 ans. Une exception dans le secteur de la grande distribution, plus habituée aux zones périphériques. Si l’explosion des hypermarchés a bien failli faire disparaître Monoprix, l’enseigne a su revoir sa copie pour devenir aujourd’hui l’un des magasins préférés des citadins

Monoprix mais multi-format

facade_monopdailyNourriture, vêtements, déco, beauté… On trouve de tout chez Monoprix. Tout mais pas n’importe quoi. Et c’est justement ce qui fait le succès de l’enseigne. En délaissant les produits « entrée de gamme » il y a une vingtaine d’année (Monoprix est en moyenne 13% plus cher que ses concurrents) et à grand renfort d’innovations marketing, l’enseigne a fait le pari de séduire une clientèle plus urbaine. Monop’, Monop’daily, Monop’Beauty, Monop’Station, Monop’Lab ou encore Naturalia… Le groupe Monoprix a fait des petits en développant ses marques propres, en investissant souvent avant les autres des secteurs de niches comme le Bio et en jouant la carte de l’hyper-proximité. Un positionnement assez éloigné de l’origine de Monoprix.

De Noma à Monop’

Monoprix-publicite_pics_390En 1932 ouvre à Rouen le premier magasin Monoprix. A l’origine de ce projet Max Heilbronn, le gendre de Théophile Bader fondateur des Galeries Lafayette. Même si le secteur du commerce est familier à Max Heilbronn, ouvrir un « grand magasin » après la crise de 29 est un pari risqué. Mais c’est justement cette crise qui donne au fondateur l’idée de Monoprix : proposer à la clientèle populaire des produits de la vie courante qualité à prix uniques et modérés, à l’image de ce qui se fait déjà aux Etats-Unis.

Le succès est immédiat pour Noma (pour « Nouveau Magasin »), le nom initial du magasin. Mais suite à un procès intenté par les Nouvelles Galeries qui possède une enseigne au nom trop proche (Noga), Noma devient Monoprix. Dépossédé de son entreprise pendant la 2ème Guerre Mondiale et déporté, Max Heilbronn rencontre pendant cette période Etienne Moulin. Convaincu du succès de Monoprix, il s’investit dans l’entreprise dès la fin de la Guerre.

Avec déjà 67 magasins implantés en France, Monoprix décide de lancer des produits sous sa propre marque. Dès 1947, Monoprix invente le libre-service dans ses magasins, un concept qui sera copié par tous les hypermarchés plus tard. En 1956, la marque possède 199 magasins où le secteur alimentaire représente désormais 60% contre 3% à l’origine.

Les années 70 et 80 voient débarquer les hypermarchés. Face à cette concurrence et à une image un peu vieillotte, Monoprix doit se repositionner. En rachetant les supermarchés Inno elle consolide son implantation en centre-ville et se tourne petit à petit vers une clientèle plus aisée. Les magasins sont modernisés dès 1982. Dans les années 90 Monoprix est la première enseigne à intégrer le développement durable et lance ses marques Monoprix Vert et Monoprix Bio.

Dès les années 2000, Monoprix modernise ses collections mode. La marque invite des créateurs qui signent des collections capsules. Les concepts Monop’Daily ou encore Monop’Beauty se déploient et attirent une clientèle haut-de-gamme de plus en plus nombreuse.

Fin 2014, Monoprix compte plus de 500 magasins en France et 92 implantations à l’étranger.

Monoprix rend heureux les CSP +

A l’origine, Monoprix ciblait plutôt une clientèle d’entrée de gamme avec des prix peu élevés. Et le succès fût au rendez-vous. En montant en gamme, l’enseigne a sans doute perdu sa clientèle première mais a également réussi à satisfaire sa nouvelle cible les CSP +, séduits par un marketing plutôt malin et souvent drôle notamment en ce qui concerne leur packaging alimentaire : « Entre nous 2 ça mâche du tonnerre » pour un sachet de mâche, ou encore « ce soir on fait la tournée des barres » pour des barres de céréales. Une application Facebook a même vu le jour il y a 2 ans pour que chacun s’amuse à créer ses propres messages sur les emballages.

Publicités légèrement décalées pour l’alimentaire, collection mode et maison renouvelées très régulièrement pour les fashionistas tout en restant accessibles, Monoprix a parfaitement négocié le virage des années 2000 en misant sur la surprise et la nouveauté quasi permanente. Et pour cela la clientèle ne rechigne pas à payer plus cher qu’ailleurs.

Monoprix tisse une toile qui n’a rien de virtuelle

facade_monopstationPropriété du groupe Casino depuis juillet 2013, Monoprix continue, petite surface par petite surface, à investir les centre-ville et les lieux de passage comme les gares, les aéroports ou les aires d’autoroutes avec Monop’Station qui répond aux besoins alimentaires des voyageurs.

Avec plus de 21000 collaborateurs en 2013, l’enseigne, qui a dynamisé son logo en 2013, est présente dans plus de 85% des villes françaises de plus de 50 000 habitants. A l’heure où la grande distribution est plutôt montrée du doigt, Monoprix affiche plutôt une excellente santé avec un chiffre d’affaire en hausse depuis plusieurs années (4,3 milliards d’euros en 2013).

Cette année, Monoprix s’attaque au secteur du mariage en proposant une collection complète en collaboration avec la marque Lorafolk. Nous lui souhaitons beaucoup de bonheur et toujours plus de clients !