« Quel âge tu as ? » Une phrase prononcée par des milliers d’écoliers et de collégiens encore aujourd’hui, lorsqu’ils regardent le chiffre inscrit au fond de leur verre Duralex. Il s’en est pourtant fallu de peu pour que la marque disparaisse en 2008 mais comme tout le monde le sait, Duralex est incassable.

Duralex, LE verre qui a de la trempe

duralex_verre_trempePour la mémoire collective, Duralex est avant tout un verre, ou un gobelet. Celui qui est sur toutes les tables de cantine, ou dans le vaisselier de la grand-mère. Mais Duralex c’est aujourd’hui environ 250 références qui vont des verres aux assiettes en passant par les tasses, saladiers, coupes et plats variés en verre trempé. Car en 70 ans, la petite famille s’est agrandit, et s’est colorée afin de proposer de nouveaux produits plus adaptés au goût du jour, car le vintage n’a pas toujours été à la mode.

Depuis plus de 70 ans, Duralex résiste aux chocs

verre_duralexL’aventure commence en 1939 lorsque Saint Gobain met au point dans sa verrerie de La Chapelle Saint Mesmin (45) le procédé du verre trempé destiné aux pare-brises des voitures. C’est cette technique qui rend le verre Duralex si ce n’est incassable du moins 2,5 fois plus résistant qu’un verre classique, tests de chutes à l’appui. La marque est déposée en 1945, assortie d’un slogan inspiré d’une devise romaine « Dura lex, sed lex » (« la loi est dure, mais c’est la loi). Un an plus tard sort le célèbre gobelet Gigogne. Les « 30 Glorieuses » portent bien leur nom pour Duralex. Les ménagères achètent à tours de bras cette vaisselle résistante qui conquiert également les collectivités et sa star, le verre Picardie né en 1954.

A cette époque un deuxième site de production est ouvert dans la Loire, à Rive-de-Gier, et les 2 usines cumulent près de 1500 personnes. Mais Duralex rate le virage des années 80. De la Chine à Ikéa, les concurrents sont désormais nombreux et la marque ne renouvèle pas sa gamme de produits. Saint-Gobain décide de s’en séparer en 1997. De nombreux repreneurs se succèdent alors, pas toujours très honnêtes. En 2005, l’entreprise essuie un premier dépôt de bilan avant d’être reprise, mais pas pour le meilleur. Sinan Solmaz ne fait qu’enfoncer l’entreprise. L’usine de Rive-de-Gier est fermée en juillet 2007 et Duralex est mise en liquidation judiciaire dans l’été 2008. D’Athènes, André Loannides, alors chargé de la distribution de Duralex au Proche et au Moyen-Orient, observe la situation et appelle alors son frère Antoine qui travaille aux Etats-Unis. Il souhaite reprendre avec lui l’entreprise pour laquelle il travaille depuis 26 ans. D’autres investisseurs s’associent à eux et paient de leurs poches – faute d’aide des banques…- quelques 15 millions d’euros pour effectuer des travaux de modernisation et de mise aux normes de la verrerie de La Chapelle Saint Mesmin.

En complément de ces travaux, un gros effort est fait pour moderniser l’image de Duralex. Et avec le retour en force du Made in France et du vintage, la marque reprend vie. Celle qui avait depuis plusieurs années été oubliée des Français retrouve les rayons des supermarchés. Le verre gigogne devient même une icône du design et se retrouve désormais vendu au Moma Store de New-York. Du packaging aux réseaux sociaux en passant par un nouveau site internet, Duralex revient petit à petit sur le devant de la scène.

Duralex, tout est dans le nom

duralex_verreLa résistance des verres Duralex est évidemment ce qui a d’abord séduit les ménagères, ainsi que le coût assez modique de la vaisselle qu’il est possible de garder des années. Même l’invention du lave-vaisselle et du micro-onde n’en n’est pas venue à bout.

Pour ceux qui ont connus les verres Duralex dans leur enfance, c’est toujours avec une certaine nostalgie qu’ils regardent au fond du verre le chiffre qui est inscrit et se rappellent les « crash tests » effectués pour voir si les fameux verres étaient véritablement incassables…De bons souvenirs auxquels s’ajoutent une certaine fierté d’acheter du Made in France et la possibilité de le transmettre aux générations futures sans aucun risque de casse !

Duralex présent dans le monde entier

Les derniers repreneurs de Duralex ont réussi à sauver 200 emplois, dont une grande partie travaille à la verrerie de La Chapelle Saint Mesmin. Aujourd’hui 85% des ventes sont encore réalisées à l’export car Duralex est présent dans plus de 100 pays mais les ventes se multiplient également en France grâce à la commercialisation de nouveaux produits.

Le chiffre d’affaire est lui aussi à la hausse, de 30,09 millions d’euros en 2013 il atteint presque les 31 millions en 2015. Même si celle-ci reste faible, il ne faut pas oublier que la marque revient de loin et qu’elle commence à peine à renaître de ses cendres.

A 70 ans Duralex connaît une seconde jeunesse. Espérons que ce ne soit pas la dernière !