Uber. Un nom qui est sur toutes les lèvres et dans tous les médias français ces derniers temps. Un nom synonyme de progrès pour certains, d’esclavage moderne pour d’autres. Depuis sa création en 2009, Uber a fait couler beaucoup d’encre et révolutionné le transport de personnes puis l’économie en inventant un nouveau modèle connu désormais sous le terme « uberisation ».

Uber, un service de VTC haut-de-gamme

uber-early-booking-new-yorkUber est un service de location de véhicule de tourisme avec chauffeur (VTC) qui met en relation, via une plateforme, usagers et chauffeurs. Fonctionnant grâce à une application mobile (ou via le site internet), c’est un peu le taxi 3.0, la queue aux stations de taxi en moins. Concrètement, il s’agit de commander une voiture (on peut choisir différentes formules, éco, premium ou partagé) avec chauffeur pour aller d’un point A à un point B après avoir créé un compte avec ses coordonnées bancaires, sans oublier de toujours utiliser la géolocalisation afin de trouver facilement son chauffeur.

La libre entreprise version Uber

L’histoire d’Uber est assez récente et commence à Paris en 2008. Travis Kalanick, accompagné de son ami Garret Camp, assistent à la conférence parisienne LeWeb. Selon la légende (toute récente), ils semblent rencontrer des difficultés à trouver un taxi pour se déplacer dans la capitale. Ils constatent alors que le réseau de taxis parisiens est aussi peu efficace que celui de San Francisco. Il serait si simple de pouvoir commander une limousine en un clic…C’est du moins l’idée de Garret Camp. Et plutôt que d’acheter une flotte de véhicules haut-de-gamme, pourquoi ne pas mettre en relation des clients et les conducteurs de centaines de voitures particulières afin de leur permettre, via une plateforme (et donc une commission pour Uber), d’arrondir leur fin de mois ?

De retour dans la Silicon Valley, ils montent en 2009 à San Francisco la société Uber X qui permet à Monsieur Toutlemonde de commander une voiture de luxe avec chauffeur au même prix, voire moins, qu’un taxi ordinaire. Avec le succès, Uber réussi une première levée de fonds de 1,25 millions de dollars, lui permettant ainsi d’étendre le réseau Uber à d’autres villes des Etats-Unis, et de développer l’application Uber qui voit le jour à San Fransisco en 2011.

07130774-photo-logo-uberpopDécembre 2011, nouvelle levée de fonds de 32 millions de dollars pour permettre à Uber de traverser l’Atlantique et de s’installer notamment à Paris. Fin août 2013, Google Ventures investit 258 millions de dollars dans Uber. Le service et l’application UberPop (service de covoiturage payant entre particuliers) débarquent à Paris en février 2014, déstabilisant le monopole des taxis parisiens. Devant la grogne, le gouvernement s’active pour protéger les taxis parisiens mécontents (loi Thévenoud en octobre 2014). Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls à râler. Les conducteurs Uber montent aussi au créneau, réclamant notamment de meilleures conditions de travail (le prix minimum d’une course est descendu à 6 euros, la commission d’Uber de 25% ou encore le statut précaire des conducteurs).

Mais pour l’instant tout cela n’empêche pas Uber d’être présent dans 548 villes à travers le monde et d’annoncer pour 2016 un chiffre d’affaire dépassant les 5 milliards de dollars.

Uber : le consommateur avant tout

uberBénéficier d’une voiture haut-de-gamme propre et d’un chauffeur poli qui vous prend où et quand vous le souhaitez et qui vous laisse en prime choisir la musique, le tout pour un tarif défiant toute concurrence…C’est un peu le rêve de l’usager, non ? C’est en tout cas la promesse d’Uber qui s’est engouffré dans une faille : celle de tous les usagers mécontents des services de taxis traditionnels, pas toujours faciles à trouver ou qui parfois, sous couvert de monopole, se croient permis d’être désagréables ou de vous trimbaler pendant une demi-heure pour un trajet qui ne nécessite pas plus de 15 minutes (tous les touristes à Paris ont au moins connu ça une fois). Uber est donc une alternative très pratique et peu onéreuse, le prix du trajet étant souvent connu à l’avance et le service étant de rigueur dans la mesure où c’est le client qui note le chauffeur.

Côté contre, on trouvera évidemment les sociétés de VTC qui possèdent une flotte de véhicules et de salariés, et dont les tarifs ne peuvent s’aligner avec Uber, dénonçant ainsi une concurrence déloyale. On trouve évidemment aussi les chauffeurs de taxi qui pour la plupart ont payé une fortune leur licence (entre 240 000 € et 400 000€ suivant les villes) alors qu’elle n’est pas obligatoire pour les VTC. Merci le numerus clausus instauré par l’Etat qui limite le nombre de taxis par ville et qui permet aux grosses flottes de taxis d’accumuler les plaques pour les louer ensuite à prix d’or alors qu’à l’origine une licence est gratuite…Si vous n’êtes pas pressé vous pouvez, en vous inscrivant maintenant, obtenir la fameuse plaque dans 18 ans, ou bien attendre que la plaque soit moins chère, son prix ayant déjà baissé depuis l’arrivée d’Uber.

Enfin depuis quelques semaines, ce sont également les chauffeurs Uber eux-mêmes qui manifestent. En cause, l’augmentation de la commission d’Uber sur toutes leurs courses (de 20% à 25% depuis décembre 2016), les « mises à pieds » intempestives des chauffeurs (tous indépendants) sous forme de déconnection de la plateforme lorsque qu’un client donne une mauvaise note l’empêchant ensuite de pouvoir travailler, ou bien encore l’incitation un peu lourde d’Uber à acheter un nouveau véhicule répondant à leurs normes.

ubertaxiUsagers vs taxis, taxis vs VTC, VTC vs Uber, taxis vs Uber…les guerres sont déclarées et il n’est pas toujours simple d’y voir clair. Ce qui est sûr c’est qu’Uber a décidé de briser un monopole, et par voie de conséquence des acquis, reléguant la vieille économie à la cave au profit d’un usager connecté qui souhaite des prix et des services, et qui lorsqu’il est insatisfait, que cela soit justifié ou non, le fait savoir. Jusqu’à présent, et dans de nombreux secteurs, dire que le client était roi relevait plus d’un vœu pieux que d’une réalité. Aujourd’hui l’économie est inversée, c’est l’uberisation.

Uber, la start-up des chiffres records

En seulement 7 ans, Uber est déjà recordman des chiffres. Valorisée aujourd’hui à plus de 62 milliards de dollars, elle est également la start-up qui enregistre le plus grand déficit chaque année avec plus de 2 milliards en 2016 (plus qu’Amazon).

Si son chiffre d’affaire a tendance à baisser, il reste néanmoins évalué à plus de 5,5 milliards en 2016. Toujours en phase de croissance, cumulant les levées de fonds et avec une rentabilité qui ne cesse d’augmenter – grâce notamment à sa part sur le prix des courses de plus en plus importante – il n’y a pas vraiment lieu de s’inquiéter pour Uber, en tout cas pour l’instant, le seul danger pour l’entreprise étant le protectionnisme des états envers leurs taxis (Berlin, ou encore la Hongrie ont en effet interdit l’application Uber).
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Uber ne se limite pas aux voitures. Avec UberChopper, vous pouvez louer un hélicoptère. Et avec UberEats vous pouvez commander votre repas dans votre restaurant préféré et il sera livré chez vous. Après tout, si Uber peut vous transporter, il peut également transporter un tas d’autres choses, et pourquoi pas des paquets ou des lettres. A quand UberPoste ?