Il y a 10 ans, Nokia pesait plus de 100 milliards d’euros en Bourse. Mais c’était avant l’avènement du smartphone, et le raz-de-marée de l’iPhone. Depuis, Nokia a failli mourir plus d’une fois, mais décide de revenir (encore) sur le devant de la scène mobile avec une réédition de son modèle fétiche, le 3310.

Nokia, des téléphones qui ont marqué l’histoire du mobile

Pour une majorité de personnes – tout du moins ceux qui sont nés au 20 ème siècle – Nokia est LA marque du premier téléphone portable. Une marque qui n’est ni chinoise, ni japonaise, ni américaine mais qui appartient à un groupe de télécommunications finlandaise, Nokia Corporation, présente également dans le secteur des réseaux. Mais Nokia c’est aussi une histoire atypique, celle d’une société qui a toujours senti l’air du temps en investissant dans des secteurs où on ne l’attendait pas.

Papier, pneus, téléphones…Nokia touche à tout

Si certaines entreprises préfèrent rester et innover dans leur secteur pour se développer, cela n’est pas le cas de Nokia dont l’histoire commence à la fin du 19 ème siècle avec Frederik Idestam, un ingénieur des mines qui se lance dans l’industrie papetière quand celle-ci est en plein boom. En 1869, il crée une deuxième usine dans la ville de Nokia, donnant ainsi le nom à son entreprise, Nokia AB en 1871.

Pendant un siècle, Nokia va investir dans de nombreux secteurs, multipliant les filiales : Nokia Pneus (qui fabriquait également des bottes en caoutchouc) ou encore Suomen Kaapelitehdas OY qui fabrique des câbles électriques. Fin des années 70 Nokia investit le monde des téléviseurs, puis celui des ordinateurs avec Nokia Data.
Au début des années 90, la Finlande connaît une crise économique. Nokia se sépare alors des filiales les moins rentables et se tourne vers les télécommunications et notamment la téléphonie mobile qui n’en n’est alors qu’à ses débuts. Alors que tout le monde pensait que la téléphonie mobile resterait une niche destinée à des privilégiés, la marque fait le pari du contraire. Nokia multiplie les investissements mais le marché reste principalement occupé par Motorola et ses téléphones « valises » au prix lourd comme une brique : près de 3 800 euros !

Il faudra attendre que la couverture réseau s’étende et le coup de génie de l’équipe « Vision ‘99 » de chez Nokia pour que la marque innove en lançant le Nokia 3310. Pour l’époque, le design est révolutionnaire. Et le téléphone petit (800 gr), pratique (la batterie tient 1 semaine !) et robuste. Vendu environs 300 euros à sa sortie en 2000, son succès est immédiat. Il s’en vendra plus de 126 millions d’exemplaires à travers le monde. Son successeur, le 1103, lancé en 2003 et uniquement dédié aux appels et SMS se vendra à 250 millions d’exemplaires. A cette époque, Apple ou Samsung ne sont même pas dans la course…

Pendant plusieurs années Nokia restera le leader mondial de la vente de mobiles, mais la marque va rater le virage du smartphone et de l’écran tactile introduit par Apple en 2007. C’est le début de la fin pour la société milliardaire.

En 2010, devant la concurrence, Nokia change de PDG. Stephen Elop, qui travaillait chez Microsoft, prend les rennes de l’entreprise. Comme par hasard un an plus tard, Nokia signe un partenariat avec Microsoft. C’est le début des Windows Phone, des Lumia, et la dernière année où la marque est numéro 1 mondial en téléphonie mobile. Car Apple et Samsung continuent de gagner du terrain avec leurs écrans tactiles. En 2013, Nokia revend sa branche téléphonie mobile à Microsoft pour « seulement » 5,44 milliards d’euros et licencie 25 000 personnes.

L’histoire aurait pu s’arrêter là mais en 2016 Microsoft revend l’essentiel de ces activités mobiles à deux sociétés dont l’une HMD Global, finlandaise, est dirigée, entre autres, par d’anciens cadres Nokia. Elles obtiennent ainsi la possibilité de concevoir la nouvelle génération de téléphones mobiles. Et pour marquer son retour cette année, Nokia choisit tout naturellement de faire revivre son téléphone mythique, le 3310.

Nokia, des téléphones robustes et fiables, entre autres

Lorsque Nokia a lancé ses premiers mobiles, on pouvait presque parler d’une révolution. Un prix plus bas que ce qui existait alors sur le marché, un poids « plume », une résistance à toute épreuve ou encore une batterie qui tenait vraiment la route…Ces produits avaient tout pour séduire le grand public qui a propulsé la marque au premier rang de la téléphonie mondiale pendant 14 ans. Et qui ensuite s’en est détourné faute de trouver un smartphone à la hauteur de ses attentes. Dommage, car parallèlement à la perte de ses nombreux consommateurs, Nokia a également perdu des salariés, et des parts de marché qu’elle aura du mal à reconquérir dans ce secteur.

Nokia se relèvera t’il ?

En 2005, Nokia avait vendu 256 millions de téléphones dans le monde et son chiffre d’affaires atteignait 34,19 milliards d’euros. 5 ans plus tard, le CA n’est plus que de 12,65 milliards et la société n’a vendu que 123,7 millions de téléphones.

Alors que l’action culminait à 65 euros en 2000, elle ne coûte plus que 4,716 euros en 2011, puis 1,84 euro fin 2013. Une vraie débâcle qui met à la porte un très grand nombre de salariés. A la belle époque Nokia a compté jusqu’à 100 000 salariés à travers le monde. En 2014 ils n’étaient plus que 61 656.

Pour se relancer Nokia mise aujourd’hui sur le vintage en revisitant son célèbre 3310. Mais est-ce que les utilisateurs répondront vraiment à cet appel?

 

Dans les années 2000 Nokia c’était « Connecting people ». Puis nous avons connu « De-connecting people ». Mais aujourd’hui Nokia peut dire « Reconnecting people » !