Du prototype hors de prix au modèle plastico-moche, la voiture électrique est passée par tous les stades, plus ou moins aboutis. A l’heure où l’engagement contre les émissions de gaz à effets de serre se fait planétaire, une « jeune » marque a décidé d’investir dans la voiture électrique haut-de-gamme : Tesla. Un pari risqué mais qui pourrait bien assurer la pole position à la marque dans le secteur désormais très convoité de la voiture électrique.

Tesla, des voitures propres ET belles

tesla_2Des batteries dans une voiture. C’est un peu à cela que se résume une voiture électrique. Pour nombre de constructeurs automobiles traditionnels, la voiture électrique a longtemps été perçue comme un gadget qui n’avait aucune chance de percer dans un monde où le pétrole régne(ait) en maître. Certains pourtant, essentiellement aux Etats-Unis, ont depuis longtemps vu le potentiel de ce véhicule propre avant même que l’on parle de réchauffement climatique. Avec des technologies qui n’étaient pas tout à fait au point (manque d’autonomie, difficulté de trouver des stations de recharge…) et une esthétique qui laissait franchement à désirer, il a fallut un certain temps pour que le véhicule électrique devienne attractif. C’est ce qu’a réussi Tesla en produisant des véhicules 100% électriques à la fois performants et séduisants.

De 0 à 50 000 voitures vendues en 12 ans

L’histoire de Tesla commence dans la Silicon Valley. Un ingénieur américain, Martin Eberhard, croit au potentiel des batteries Lithium-Ion et pense qu’il est possible d’appliquer aux tesla_4voitures cette technologie. Avec son ami Marc Tappening, ils fondent Tesla Motors en 2003 et commencent à réfléchir à un modèle de voiture électrique qui pourrait être fiable, suffisamment autonome et susceptible d’attirer la clientèle haut-de-gamme. Du jamais vu chez les fabricants de voitures électriques. Dans un premier temps, c’est Lotus qui fabrique la carrosserie du premier modèle, la Tesla Roadster en 2006. Mais la société a besoin de capitaux pour se développer de façon autonome. En cherchant des investisseurs en 2004, Martin Eberhard rencontre Elon Musk, déjà initiateur du succès de Paypal. Celui-ci investit 55 millions de dollars et devient Président de Tesla Motors. Les people américains (Clooney, Di Caprio, Schwarzeneger…) ne tardent pas a être séduits par ce roadster écolo à la fois racé et performant. Début 2009, plus de 150 véhicules sont vendus, chacun coutant quand même 100 000$. Une goutte d’eau parmi les millions de voitures vendues chaque année mais également une épine dans le pied des poids lourds du secteur qui regardent Tesla Motors leur piquer le marché de la voiture électrique. Au salon de l’automobile de Détroit la même année, le stand Tesla est envahit de journalistes et de curieux. Les premiers magasins ouvrent en Europe, puis au japon et en Australie en 2010 alors que la marque se penche déjà sur la fabrication d’une berline familiale plus abordable (environ 45 000 € en France), la Tesla Model S. Afin d’améliorer sa productivité, Tesla s’associe avec Toyota pour fabriquer le nouveau modèle dans son usine de Frémont en Californie. Les premières réservations sont lancées en 2011 et les livraisons commencent en 2012 à travers le monde. Mais la marque ne s’arrête pas là. Un SUV, le modèle X, est déjà dans les tuyaux. Dévoilé en septembre 2015, il s’agit du 1er SUV 100% électrique.

La voiture électrique pour (presque) tous

models-powerwall@2xRendre la voiture électrique séduisante est un pari déjà réussi pour Tesla. Une élégance qui a un prix (à partir de 66 300 euros, bonus écologique déduit) pour la 1ère motorisation de la berline Model S, celui du Model X n’étant pas encore communiqué. Un prix qui s’explique par la qualité de la fabrication mais également par la performance de son moteur, la multitude d’équipements connectés embarqués (capteurs de collision, alerte angle mort, reconnaissance des panneaux, caméra de recul…) et l’écran tactile de 17’’ qui permet de contrôler tout l’habitacle ainsi que sa consommation. Confort, sécurité, équipements haut de gamme 2.0 et design soigné…On trouverait presque son côté voiture propre anecdotique.

Tesla, continuer d’innover coûte que coûte

powerwallAu deuxième trimestre 2015, Tesla Motors avait dépassé ses prévisions de livraison (500 de plus que les 11 000 de prévu). Et les 20 000 précommandes de la Tesla Model X sont un bon présage pour l’année 2016. Mais les investissements restent extrêmement lourds pour la marque et si son chiffre d’affaire a augmenté de 24% cette année (955 millions de dollars), ses pertes se sont également creusées (181 millions de dollars) car la R&D coûte très cher. Un prix que Tesla Motors est prêt à payer pour continuer à garder l’avance qu’elle possède sur ses concurrents. Parallèlement au marché de la voiture électrique, Tesla a également développé une batterie domestique qui stocke l’électricité produite par des panneaux solaires, le modèle Powerwall. Son fonctionnement est basé sur la technologie de ses batteries de voiture. Si il existe déjà des modèles de batteries de stockage d’électricité, ils sont souvent très encombrants et inesthétiques. Là encore Tesla a travaillé le design et la simplicité pour l’utilisateur.

Sur les routes comme en bourse, Tesla continue à faire des étincelles.