Au rayon frais des laitages, pas facile de se faire une place entre Danone, Nestlé ou encore La Laitière. Et pourtant…Une entreprise française familiale continue à résister encore et toujours à l’envahisseur : Rians. Si les recettes de ses produits restent secrètes, celles de son succès sont par contre très simples.

Rians, une histoire de fromage

150316_MGN_RIANS_CAS_FAISSELLE6Les amoureux du fromage blanc ne jurent que par elle : la faisselle. C’est ce qui a fait, par delà nos frontières, une partie de la renommée de Rians. La marque est spécialisée dans le fromage frais, les fromages de chèvre et de brebis, les fromages AOP ou encore les desserts lactés traditionnels comme la crème brûlée ou les profiteroles. Un secteur ultra ciblé donc, qui mise sur la qualité de produits 100% naturels et un savoir-faire artisanal.

Du lait dans les veines depuis plusieurs générations


desserts-au-lait-de-brebis-par-rians-353868_w1020h450c1L’histoire de
Rians commence en 1901 à Rians – oui, le nom n’est pas une invention marketing – dans le Cher. Désiré et Francine Triballat y affinent des fromages avec le lait des vaches de leur exploitation. En 1952 leur petit-fils, Hubert, se concentre sur la production de lait et installe une petite laiterie au coeur de la ferme. Sa production est alors d’environ 700 litres de lait par jour, chèvre et vache confondus. Avec ses 3 employés, il fabrique des fromages de vache et de chèvre traditionnels qu’il vend ensuite sur les marchés locaux Berrichons. Petit à petit, Hubert Triballat rachète d’autres laiteries du département.

En 1966, un crémier de Paris, qui passe quelques jours à sancerre, découvre sur le marché la faisselle Rians et décide de faire découvrir aux parisiens ce délicieux petit fromage frais. Exportées dans les crémeries de la capitale grâce à un emballage inédit, les faisselles Rians connaissent un rapide succès avant de débarquer dans nos supermarchés dans les années 80. Rians diversifie alors son offre et propose de nouveaux fromages comme Le roulé. La collecte de lait représente alors 30 millions de litres de lait de vache et 4 millions de litres de lait de chèvre.

Afin de satisfaite toujours plus de consommateurs, Rians propose dès 1992 d’ajouter des desserts à sa carte au premier rang desquels, la crème brûlée à caraméliser soi-même. Aujourd’hui encore, la marque en est le leader mondial. Hugues Triballat prend la succession de son père et continue de développer la marque avec de nombreuses recettes au lait de chèvre et au lait de brebis. Le rachat de différentes laiteries un peu partout en France permet à Rians de se positionner sur la production de fromages avec AOP tels que le Cabécou de Rocamadour, le Picodon ou encore le Valençay.

En 2006, Rians pose le pied sur le sol américain et rachète une entreprise agro-alimentaire spécialisée dans la transformation de lait de chèvre. Leader de cette spécialité aux États-Unis, Rians vit le rêve américain tout en continuant à dominer le marché français de la faisselle et de la crème brûlée.

Un savoir-faire unique pour des produits de qualité

 

Ça n’est pas Rians qui dira le contraire : il est tout à fait possible de concilier production de masse et savoir-faire artisanal. Ses 600 000 faisselles fabriquées chaque jour peuvent en témoigner. Rians a compris anticipé, peut-être sans le savoir, le boom actuel des « circuits courts » en produisant localement des fromages provenant de fermes locales. Connaissance de l’origine des produits, recettes sans conservateurs ou additifs…Là encore la marque a devancé les envies des consommateurs, soucieux désormais de produits de qualité 100% naturels, quitte à les payer un peu plus cher.

Alors que le « vintage » n’était pas encore entré dans le dictionnaire, Rians remet au goût du jour des produits du terroir. La faisselle est toujours moulée à la louche et si son emballage est en plastique au lieu du grès, c’est pour faciliter son transport. La crème brûlée, grand classique de tous les restaurants Français, peut désormais être fabriqué chez soi très facilement (là encore Rians devance la mode du « do-it-yourself »). Sans oublier le Made in France (comme Opinel ou Rustines), gage de qualité, ainsi que de nombreux produits à base de lait de chèvre ou de brebis qui offrent une alternative à tous les allergiques au lait de vache. De quoi séduire un panel qui devient de plus en plus grand.

Si Rians n’a pas cédé aux sirènes du marketing à outrance – son logo est pratiquement inchangé depuis l’origine – l’entreprise a su, et continue, de se positionner sur des marchés de niche et à anticiper les besoins et les envies des consommateurs. Et malgré une production de plus de 40 millions de produits écoulés chaque année, la marque est l’une des premières entreprises du secteur à évaluer chaque année son Bilan Carbone afin de réduire l’empreinte écologique de ses activités. En 2012, le site de production de Rians a même troqué sa chaudière au bois contre une chaufferie au bois de 5MW…

Une entreprise dont les valeurs ont la côte

150316_MGN_RIANS_CAS_CBFidèle à ses valeurs traditionnelles et familiales, Rians continue de produire local. Mais le siège a bien changé depuis plus de 100 ans. De 3 employés dans les années 50, elle est passée aujourd’hui à plus de 1400 répartis sur les différentes unités de production dans le monde (12 au total). En France, certains employés parmi les 1400 au total travaillent aux Laiteries Triballat de génération en génération. Une tradition qui n’est plus la norme dans l’industrie, tous secteurs confondus, mais qui révèle un certain pouvoir d’attraction de l’entreprise. Et une entreprise attractive est une entreprise en bonne santé. Ses 22 filiales et un chiffre d’affaire de plus de 200 millions peuvent en témoigner.

De la collecte à la livraison en passant par la production, Rians maîtrise toute la chaîne. Et avec plus de 100 millions de litres de lait collectés chaque année dans 750 fermes, une bonne logistique est indispensable.

Il n’y a pas que dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe, ça marche aussi pour les fromages.