Interview de Bruno Ragué Président de l’Arche.

Bonjour Bruno Ragué, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?brunoragué

Bonjour DoSomethingMag. Alors je me présente Bruno Ragué, 30 ans au service de l’innovation dans des postes de direction ; actuellement directeur adjoint d’un nouvel institut de recherche après avoir créé l’Agence Régionale du développement et de l’Innovation en Rhône Alpes et donc président de l’Arche aux Innovateurs.

Qu’est ce que l’arche aux innovateurs ?

L’arche au innovateur est une jeune association loi 1901 à but non lucratif créée en juin 2013. La démarche est de favoriser le retour à l’emploi de bénéficiaires, demandeurs d’emploi ou personnes en évolution professionnelle. Mais elle s’adresse aussi à des juniors, des personnes en fin de stage, ou de CDD en s’appuyant sur plusieurs évolutions majeures actuelles dans les démarches d’innovation.

Les personnes qui fréquentent nos ateliers on pour le plus souvent entre 50 et 55 ans, mais nous avons déjà eu des jeunes d’une vingtaine d’années qui voyaient ce parcours comme un complément de formation, mais aussi comme une valorisation de leur temps d’inactivité.

Quels sont les moyens mis à disposition dans ces ateliers ?

En dehors d’un animateur professionnel dans le domaine abordé lors de l’atelier, nous mettons à dispositions de nos participants un logiciel de conception 3D, scanner, et imprimante 3D.

Quel programme est mis en place ?

La base de notre concept c’est un parcours de l’innovation avec 8 ateliers de deux heures  un ou deux par semaine et dans chaque atelier on aborde  un des aspects du processus d’innovation.

parocurs

Donc il s’agit de :

-trouver l’idée

-de la tester par rapport a un potentiel de marché

-regarder quel produit répond aux besoins en lien avec cette idée

-combien ça coûte

-comment financer

-comment vendre

-concevoir le prototype.

 

Quels sont les résultats de ce programme ?

Par exemple pour notre première session qui a rassemblé 3 personnes (il y en aura 6 pour le second atelier), l’objet créé était une bordure de jardin avec des fonctionnalités innovantes comme par exemple la possibilité d’y adapter un arrosage automatique qui varie en fonction de la pluviométrie, ou bien  une détection d’intrusion et d’autres fonctions à venir comme l’autoguidage de votre tondeuse autonome  déclenché par le capteur de hauteur de gazon.

Elle a été fabriquée avec des objets présents dans le commerce et d’autres non, et c’est là que la fabrication numérique et donc l’imprimante 3D est rentrée en jeux.

La pièce sera bientôt finalisée et mise en vente sur notre page de e-commerce.

A la fin chaque participant reçoit son book illustrant ce qu’il a fait dans le parcours, l’objet et les outils web 2,0 qu’il a utilisé.

Le but est que les stagiaires confortent leur confiance en eux, qu’ils se sentent à nouveaux utiles. Ce mot « confiance » est vraiment le fil directeur de notre démarche

Pour résumer, il y a pour moi, 4 voies de sortie :

La première: la création d’activité, les objets conçus sont capables de générer du business.

archeauxinnovateurs

La seconde: Démarcher des acteurs locaux, et essayer de se faire embaucher dans un poste en lien avec le parcours et/ou avec l’objet créé, pour essayer de finir de développer l’objet au sein de la structure

La troisième: le groupement d’employeurs, les petites entreprises ne peuvent pas se permettre de dépenser 60000 – 70000 euros pour un innovateur à plein temps ; par contre elle peuvent se permettre d’avoir une personne qui va venir les aider développer des produits, mais à temps partiel.

La quatrième:  c’est la démarche classique qu’a tout demandeur d’emploi et cela ne peut que l’aider d’avoir un book  et puis de dire pour un gestionnaire qu’il est sensibilisé à la conception et à la fabrication numérique, pour un ingénieurs qu’il reste très bon ingénieur mais qu’il a aussi fait de la création et du financement de l’innovation, de la vente.

Cette mouvance communautaire et les Fablabs qui émergent en France et dans le monde  constituent-ils une réponse aux problèmes de chômages ?

Ces initiatives nouvelles adressent des problématiques sociétales notamment la production locale ; à titre d’exemple, dans un de mes jobs précédent, j’ai compris d’un grand constructeur de ski qui venait de rapatrier sa production en France, qu’il avait besoin d’un raboteuse, et bien, impossible de la trouver en France, c’est pourtant simple, cette raboteuse a été acquise en Autriche !

C’est en redonnant le goût de faire à tout un tas de gens que l’on va pouvoir recréer des choses simples qui viendront alimenter nos industries tout autant que nos productions locales.

On s’adresse aussi au développement durable, notamment toutes les luttes contre l’obsolescence programmée. On peut non seulement recréer les pièces manquantes mais aussi détourner les objets. Tout cela va dans la bonne direction, en terme de développement numérique et durable et donc d’emploi.

Vous êtes actuellement 5 fondateurs à gérer  l’arche, Quelles sont vos perspectives futures en terme humain mais aussi en terme de développement de la structure ?

Nous sommes tous bénévoles, mais nous répondons actuellement à des appels d’offres et donc nous allons devoir nous structurer.

Pour ce qui est de la structure, on est actuellement en mono site mais nous visons d’ici un à deux ans d’ouvrir trois ou quatre sites en Rhône-Alpes et d’ici cinq ans, ouvrir une vingtaine de sites disséminés un peu partout en France.

Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs, commençons par voir si ce premier site marche avant d’entreprendre d’autres créations.

Merci beaucoup Bruno Ragué.

De rien DoSomethingMag et si vous passez près de Grenoble n’hésitez à venir expérimenter nos atelier nous serons ravis de vous recevoir.

Nous n’y manquerons pas !

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