« Jeu de main, jeu de vilain », voilà bien le geste le plus ancien en prenant une balle et en la lançant à une autre personne. Ainsi naquit le jeu de paume et le vilain n’a rien de vilain ; le vilain est tout simplement le paysan, celui qui dépend d’une villa : c’est-à-dire un domaine agricole. Un jeu de pauvre donc, pas seulement le riche va entrer aussi dans la partie!

On lui recourbe une branche pour former, d’une seule pièce, un manche et un cerceau, que l’on tend de boyaux de mouton. De plus, « chasser » et « rachasser » désignent l’action d’envoyer et de renvoyer une balle. Et nous assistons à la naissance d’un nouvel instrument inspiré du verbe « rachasser » : « raketse » en flamand, « racket » en anglais et bien sûr « raquette  » en français.

Au début du 16ème siècle, munis de leurs raquettes et leurs balles (les esteufs), les nobles se font construire dans leurs châteaux des salles de jeu de paume, d’autres salles s’ouvrent en ville, et le nouveau métier de paumier apparaît et leurs enfants sont appelés « enfants de la balle ».

La règle du jeu naît à ce moment-là : on compte quinze par quinze et, en cas d’égalité à quarante-cinq partout, il faut gagner deux coups de suite pour remporter un jeu.

Le filet est tendu au milieu de la salle divisée en carreaux et deux équipes s’affrontent devant des spectateurs placés dans une galerie protégée. À la paume, la balle peut être saisie au deuxième rebond, on dit que la balle « fait chasse », et le joueur qui « va à la chasse perd sa place », autrement, « il reste sur le carreau » en prenant « la balle au bond »: « Ça tombe à pic! » Et là, « il épate la galerie ».

Le jeu de paume français devient le « roi des jeux et jeu des rois », il est l’ancêtre de tous les jeux de raquette.

Avant un service, le signal pour prévenir l’adversaire est de dire :  » Tenez, voici la balle  » et vous le devinez, l’impératif « tenez » devient : tenetz, teneys, tenyse, tennys et tennis bien sûr !

Au 18ème siècle, Paris dispose de 250 salles de jeu de paume, et la salle la plus célèbre, à Versailles, nous a donné un Serment… Mais les sports organisés, comme le tennis, naissent dans l’Angleterre victorienne du siècle suivant, le mouvement débute dans les universités au moment où se crée un marché des loisirs et du sport répondant aux besoins d’une clientèle citadine.

Ainsi, les parties de campagne à l’anglaise arrivent en France, on joue au tennis sur gazon, le lawn-tennis, et la bourgeoisie française est fascinée lorsque la mode du tennis se pratique le long de la côte normande.

Durant l’été, les Anglais en villégiature organisent les premiers tournois de tennis à Dieppe, à Boulogne, à Dinard à Etretat, au Touquet puis vient l’époque des grands championnats internationaux : le tennis prend place sur la scène sportive. Le premier grand tournoi se déroule en 1912 au parc de Saint-Cloud sur terre battue, que les Français sont fiers d’opposer à la pelouse de Wimbledon.

A partir de 1922, les quatre joueurs de l’équipe de France remportent titre sur titre. Ils ont déjà leurs surnoms : René Lacoste est le « Crocodile », Jean Borotra le « Basque bondissant », Henri Cochet le « Magicien » et Jacques Brugnon « Toto ».

En septembre 1927, à Philadelphie, ils remportent la Coupe Davis et le journaliste Paul Champ de les désigner comme les quatre Mousquetaires du tennis. Cette victoire de la Coupe Davis donne à la France l’organisation de la finale de 1928. La décision de construire un stade permanent est vite prise. La collaboration du Racing Club, du Stade français et de la Ville de Paris propose un terrain à Auteuil et finance le projet. Inauguré le 27 juillet 1928 pour une nouvelle finale de la coupe qui confirme la domination des Mousquetaires, le stade entre dans l’histoire.

L’événement est créé!

Jusqu’en 1933 il est l’arène de la Coupe Davis, baptisé du nom d’un des membres le plus célèbre du Stade français, il est aviateur et il s’appelle Roland-Garros. Ensuite, les Internationaux de France de Roland-Garros gagnent leur place comme événement sportif majeur à côté de Wimbledon.

Depuis, chaque année, la Coupe des Mousquetaires (pesant 14kg) est remise au lauréat de la compétition. De nouveaux champions sont ainsi révélés comme Borg, McEnroe, Connors, Noah, Chang, Wilander, Sampras, Federer, Djokovic et notamment Nadal qui participa 9 fois à Roland-Garros et remporta 8 victoires ou Chris Evert qui reçut 7 fois le trophée féminin, digne héritière de Suzanne Lenglen, lauréate de la 1ère édition des Internationaux de France.

En 2014, 212 participants se sont rencontrés sur les 24 courts de terre battue.

Avec 460 000 spectateurs et plus de 2 millions de téléspectateurs qui assistèrent aux échanges, Roland-Garros se place au rang des tournois de prestige.