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Prix Nobel, une récompense qui suscite aussi la controverse

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Pour qui est médecin, auteur, ou encore chercheur, le Prix Nobel est la récompense ultime. Une distinction internationale qui reconnaît souvent de façon unanime des années de travail, ce qui n’est pas toujours le cas du prestigieux Prix Nobel de la Paix. Mais une chose est sûre, le prix Nobel ne laisse pas indifférent.

Alfred Nobel, inventeur du prix qui fait boum

Il était une fois Alfred Nobel, un chimiste suédois né à Stockholm en 1833. Issu d’une famille d’industriels spécialisés dans l’armement, c’est tout naturellement que le jeune Alfred se tourne vers la chimie des explosifs. A 17 ans il vient étudier à Paris sous la direction de Jules Pelouze qui vient de mettre au point la nitroglycérine, sans pour autant réussir à la stabiliser.

De retour en Suède, le jeune Alfred se consacre entièrement à ce nouvel explosif qu’il souhaite rendre plus facile à transporter. Après plusieurs années de recherche – et de nombreuses explosions dans son usine qui causeront même la mort de son frère cadet – Alfred Nobel parvient à ses fins en 1867 : la « dynamite » est née. Mines, armées, travaux publics…les débouchées sont nombreuses et la fortune de la famille s’accroît considérablement.

Mais qui dit armes dit également mauvaise image, non sans raisons. Alfred Nobel décide donc, dans son testament, de léguer l’intégralité de sa fortune (200 millions d’euros actuels quand même !) pour la création d’un prix qui portera son nom et récompensera des personnes « ayant apporté le plus grand bénéfice à l’humanité » dans le domaine de la physiologie et la médecine, de la chimie, de la littérature, de la physique ou encore en faveur de la paix ou de la diplomatie. Changer son image a donc un prix !

Les Nobels, comment ça marche ?

La Fondation Nobel pour l’attribution des prix du même nom voit le jour en 1900. En son sein 4 institutions de Norvège et de Suède (qui étaient encore unis jusqu’en 1905). Celles-ci attribuent les prix de physique, chimie, médecine et littérature. Pour le Prix Nobel de la Paix, c’est un comité restreint de 5 personnalités choisies par le Parlement Norvégien qui décide. Comme pour le choix de la ville qui reçoit les JO, le parcours pour arriver aux nominations est long. Les institutions votant demandent d’abord à toutes les académies ou scientifiques concernés de leur soumettre des noms. Après épluchage des listes il ne doit en rester qu’une vingtaine dont la candidature sera véritablement étudiée. Le nom des lauréats est ensuite annoncé lors d’une cérémonie officielle le 10 décembre de chaque année, jour anniversaire de la mort d‘Alfred Nobel.

En 1968, un Prix Nobel supplémentaire a été créé suite à la demande de la Banque de Suède, récompensant cette fois un économiste. Ce prix n’est pas réellement un Nobel mais la Fondation Nobel a donné son accord pour le remise du « Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel ». Depuis cette date, il a été décidé qu’aucun autre prix supplémentaire ne serait créé. Pour quelle raison ? Il faut peut-être regarder du côté financier. Les Prix Nobel ne sont pas qu’honorifiques, ils sont également financiers. Montant de la récompense, une belle médaille en plaqué or et un chèque de 880 000 euros pour chaque gagnant (à partager en cas de co-décerné). Difficile donc de les multiplier à l’infini sans risquer de mettre en péril la Fondation Nobel.

Un Prix qui peut être attribué à tout le monde

Depuis 1901, date de remise des premiers prix, les Nobels ont récompensé près de 900 personnalités du monde entier, connues ou inconnues du grand public jusque-là. Parmi elles on peut citer une indienne, Malala Yousafzaï âgée seulement de 17 ans lorsqu’elle reçoit le Prix Nobel de la Paix en 2014, un couple, Pierre et Marie Curie récompensés ensemble en 1903 par un Prix Nobel de Physique (Marie Curie, première femme récompensée, qui en recevra un autre en chimie en 1911). D’autres couples de chercheurs, des mères et filles ou encore des pères et leurs fils seront également récompensés.

Ni l’âge, ni l’origine sociale, ni la religion ou encore le pays d’origine n’ont d’influence sur la remise des prix. Il est vrai que seules 40 femmes (en 2009) ont été récompensées, pour (ou contre ?) 766 hommes et 23 institutions. Il y a encore des progrès à faire côté parité…Mais on peut aussi souligner les nombreuses découvertes et inventions que les Nobel ont mis en lumière notamment en médecine ou physique avec la reconnaissance du travail du professeur Luc Montagnier pour sa découverte du VIH en 1983, les Curie pour leurs travaux sur les radiations, Robert Koch récompensé en 1905 pour avoir identifié des microbes mortels ou encore Albert Einstein pour sa fameuse théorie en 1921.

Les plus célèbres, et parfois les plus controversés sont évidemment les Prix Nobel de la Paix : Martin Luther King Jr en 1964, Mère Thérésa en 1979, Le Dalaï Lama en 1989 ou encore Nelson Mandela en 1993. Des noms qui font l’unanimité. Mais il y a aussi des prix qui font grincer des dents.

Des Nobels ratés ?

La dernière polémique en date concerne Aung San Suu Kyi. Cette opposante au régime Birman, assignée à résidence pendant plusieurs années, a longtemps défendu la démocratie dans son pays. Elle reçoit le Prix Nobel de la Paix en 1991. En 2010 sa libération est synonyme de liberté pour beaucoup à travers le monde. A défaut de pouvoir être élue présidente de son pays, elle devient Conseillère spéciale de l’Etat. Un pas pour la démocratie en Birmanie ou un poste virtuel pour l’avoir à l’œil ? Difficile à dire mais beaucoup dénoncent aujourd’hui son manque d’implication dans le génocide actuel des Rohingyas, réclamant même que son prix lui soit retiré.

Dans l’histoire des Nobel d’autres prix ont déjà défrayé la chronique : Fritz Haber, considéré comme le « père de l’arme chimique », reçoit le Prix Nobel de chimie en 1918. On peut citer également Otto Hahn, récompensé pour sa découverte de la fission nucléaire reçoit son Prix Nobel de chimie en 1944. Sa découverte a aussi permis d’inventer la bombe atomique. Citons également Egas Moniz, inventeur de la lobotomie (qu’il a donc dû tester sur de nombreux cobayes…), Prix Nobel de Médecine en 1949.

Fort heureusement ces cas restent rares. Mais on ne peut les ignorer. Alors selon vous qui seront les lauréats 2017 le 10 décembre prochain ?