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Paris Plages : vamos a la playa !

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Remontons dans le temps et retrouvons nous dans les années 2000. Un temps ou le maire de Paris se nomme Bertrand Delanoë. Un temps où la voiture devient impopulaire. Bref un temps récent ou la Capitale Française a su créer l’événement.

Alors Bienvenue dans la culture de l’événement et découvrons l’histoire de Paris Plages…

Paris est née de l’eau. Paris est née de son fleuve. Son blason : une nef. Sa devise : Fluctuat nec Mergitur, tu flottes et jamais ne coules.

La Seine constitue la Grand’Rue de Paris et les berges : le port!

Là, nous comprenons toute son histoire : l’île de la Cité constitue un seuil, un barrage naturel surnommé le « verrou parisien ». Dès le Moyen-Age, deux corporations de mariniers sont responsables du difficile passage de ce verrou fluvial : les avaleurs de nef pour la circulation avalante et les châbleurs de pertuis pour le transport montant. De plus, le grand bras de la Seine est très occupé, on y trouve des bateaux-lavoirs, des boutiques à poissons, des moulins-nefs,… Toute une activité disparue aujourd’hui.

Depuis 1867, le barrage de Suresnes en aval de Paris permet de maîtriser le débit du fleuve afin de garantir un tirant d’eau minimum et une circulation fluviale constante. Ainsi, le fleuve joue toujours son rôle, des millions de tonnes de marchandises arrivent à Paris par convois fluviaux et aussi, les bateaux-mouches promènent, chaque année, des milliers de touristes sur la plus belle rue de Paris.

Mais voilà, le charme s’est rompu en 1967 avec l’inauguration d’une autoroute urbaine sur les berges prenant le nom de voie Pompidou. Voie de 13km de long s’accaparant toute la rive droite, le « tout-automobile » règne sur la ville. Il faut adapter la ville à l’automobile.

Désormais, Paris est coupée de son fleuve, orpheline de la Seine. Du jamais vu depuis sa naissance.

Ce sacrilège est montré du doigt quand l’UNESCO classe les rives parisiennes historiques en 1991, seul bien parisien inscrit sur la liste du patrimoine mondial.

Une belle idée arrive en 1995, ouvrir la voie Pompidou à la promenade piétonne le dimanche. L’expérience fonctionne bien, et le projet s’étend l’été 2002 à l’issue de l’élection de Bertrand Delanoë en 2001. L’événement est baptisé Paris-Plage (et sans aller au Touquet).

Quel bonheur ! Quel plaisir !

L’événement parisien est fluvial, la ville renoue avec son fleuve, les parisiens le redécouvrent au fil de l’eau. Les promeneurs, les touristes se réapproprient le temps d’un moment, le temps d’un événement les bords de Seine que l’automobile lui confisqua. Le spectacle est monumental devant la Conciergerie, en passant sous les ponts, en voyant l’Hôtel-de-Ville avec le souvenir de la Grève…

De plus, animations et activités sont organisées du 20 juillet au 20 août sur la plage des bords de Seine où 5000 tonnes de sable normand sont étendues, mais aussi sur la place de l’Hôtel-de-Ville et sur les quais du bassin de la Villette : beach-volley, rugby, tournois de pétanque, cours de danse et de taï-shi, aviron et kayak, natation, concours de châteaux de sable et de photos, concerts et projection de films et aussi un grand rallye avec Eau de Paris. De quoi remuer les petits et les grands c’est vrai, mais les transats pour la sieste ne sont pas oubliés!

Avec un tel succès, le modèle parisien a fait école en France : à Dijon, à Toulouse ; et surtout en Europe : à Bruxelles, à Prague, à Budapest, à Berlin, à Rotterdam, à Rome et beaucoup plus loin à Tokyo.

Par ailleurs, les projets autoroutiers du canal Saint-Martin et celui des berges de la rive gauche de la Seine sont heureusement abandonnés en 1974. Imaginez les difficultés que nous aurions eu s’il avait fallu reconquérir ces espaces. Car, la promenade est aujourd’hui possible entre le pont d’Austerlitz et le pont des Arts, jardins aménagés et vieux pavés garantis.

Ainsi, on peut noter que cette opération Paris-Plage qui paraissait un projet fou et délirant au départ est une réussite totale pour tous les amateurs du programme de Paris-Plage devenu un événement estival de premier plan.

En 2013, la voie autoroutière allant du Pont Royal au Pont de l’Alma est enfin fermée aux automobiles et ouverte à la promenade de manière définitive. Ayons donc l’espoir que cela arrive aussi sur la rive droite, que Paris-Plage devienne un événement permanent.

Alors que faut-il retenir de cet épisode événementiel ?

1867 : Le barrage de Suresnes permet de rendre la Seine navigable / les années Fluviales

1967 : Création de la voie G.Pompidou, 1er autoroute urbaine de 13km / les années auto

1995 : Les voies sur berge sont rendues aux piétons le WE / les années écolo

2002 : Naissance de Paris Plages

2013 : Fermeture définitive de la voie sur berge rive droite entre Pont Royal et Alma

Petite précision avant de vous quitter : rendons à César ce qui appartient à Hippo !

Le concept de Paris Plage avant d’être décliné à Paris intra-muros, avait été imaginé pour le Touquet en 1882 par Hippolyte de Villemessant, directeur-refondateur du quotidien Le Figaro, puis sa création et son développement à deux hommes : le Français Alphonse Daloz et le Britannique John Whitley. Le Touquet Paris-Plage est érigée en commune le 28 mars 1912.