[MANAGEMENT] L’histoire de… Laurent GUILLOU

Il était une fois, il y a quelques années maintenant un jeune chef d’entreprise qui a quelques jours de noël a fait une expérience de management qui a changé sa façon de voir et de travailler avec ses équipes.

Cela s’est passé en décembre 2007, j’étais alors directeur d’agence chez ONET à ST NAZAIRE et je venais d’être promu directeur d’agence à NANTES à compter du 1er janvier. C’était une période assez euphorique pour moi, car à la fois le travail réalisé sur l’agence de Saint Nazaire depuis plusieurs années était reconnu par mes supérieurs, et en plus, on me confiait l’agence la plus importante de la direction régionale. Le pied total.

Mon équipe bureau, 6 personnes était très contente de cette promotion. On avait fait un pôt pour fêter ça. Tout allait bien…..
Quelques jours avant Noël, j’arrive à l’agence de ST NAZAIRE à 14heures et je suis surpris de constater qu’il n’y a personne dans les bureaux. 14H10 toujours personne, 14h20, pas un chat…14h30, gloups, que ce passe t-il ?
Je téléphone sur le portable d’un de mes agents de maitrise et ils m’annoncent que l’ensemble de l’équipe est au restaurant pour fêter noël et qu’ils sont encore au dessert. On arrive me dit-il et il raccroche.

Comment ça , on arrive. Ils sont tous au resto, sans moi, sans me prévenir qu’ils faisaient un repas, sans m’informer qu’ils allaient arriver en retard. Je reste stupéfait, après tout ce que j’ai fait pour cette équipe, pour développer l’agence, pour staffer la structure, pour les défendre quand c’était nécessaire vis-à-vis de la direction régionale. Quelle ingratitude.
En super manager que je suis, je retéléphone à l’agent de maitrise et je lui dit : « J’en ai rien à foutre, ce n’est pas à moi de décrocher le téléphone, je veux voir tout le monde à l’agence dans 10 minutes… » bref un grand coup de colère qui a duré tout l’après midi. Après discussion avec eux, ils m’ont dit que j’étais déjà parti physiquement (je faisais beaucoup d’aller et retour sur Nantes) et y compris dans ma tête. Ils avaient donc pris la main sur ce repas, ne sachant pas si j’étais la ou pas.

C’est resté longtemps en travers de la gorge. Cela a cassé une partie de l’ambiance et de la cohésion que j’avais créée.
Je suis donc parti quelques semaines plus tard en étant frustré de cette fin d’histoire.

La morale de cette histoire, est que j’étais un bien piètre manageur qui n’a pas vu l’importance de gérer la transition pour mes équipes et que tout changement important dans une entreprise demande encore plus d’attention auprès des collaborateurs. Depuis ce jour, j’essaie d’être encore plus présent pour la gestion du changement.