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L’Opéra Garnier, un véritable joyau Parisien

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L’Opéra Garnier fêtait l’an dernier son 140ème anniversaire. Remontons l’Histoire pour partir à la découverte d’une des plus belles salles de Paris.

palais-garnier-exteL’Opéra Garnier est avant tout un théâtre national consacré à l’art lyrique et à la danse. Chose extrêmement rare, il porte le nom de son créateur : Charles Garnier. On le nomme aussi Palais Garnier telle que l’autre exception parisienne, le Palais de la Bourse surnommé le Palais Brogniart, du nom de son architecte (comme une haute tour de fer qui porte le nom de son ingénieur…).

L’Opéra Garnier est la 13è salle construite à Paris depuis la toute première salle de la rue Mazarine lorsque Louis XIV crée l’Académie Royale de Musique en 1669. Aujourd’hui encore, la corniche de la façade principale porte toujours le nom de l’institution.

L’idée d’une nouvelle salle d’Opéra à Paris est envisagée depuis près d’un siècle lorsque Napoléon III subit la tentative d’attentat d’Orsini en 1858 à l’Opéra de la rue Le Peletier. C’est dit : un nouvel Opéra doit être construit au cœur du nouveau quartier construit par Haussmann. Ce quartier doit faire de Paris « la plus belle ville de l’univers », et sa Place de l’Opéra un carrefour essentiel, une étape majeure dans le déroulé des Grands Boulevards. Au centre, le théâtre de l’Opéra, vrai joyau brillant dans ses dorures et l’éclat de ses pierres de couleur s’inscrivant dans un écrin monumental : la place de l’Opéra.

Charles GarnierUn concours est ouvert. 171 projets sont exposés au Palais de l’Industrie. Cinq d’entre eux sont sélectionnés, Viollet-le-Duc, le favori, est éliminé. A l’issue du second concours, un jeune homme de 35 ans, totalement inconnu, est nommé architecte du Nouvel Opéra : il s’appelle Charles Garnier. A l’impératrice Eugénie qui interroge le lauréat :  » Qu’est-ce que ce style? Ce n’est ni du Louis XV, ni du Louis XVI. », Garnier répond :  » C’est du Napoléon III, Madame, et vous vous plaignez ». Le mot est lâché, le style Napoléon III est né!

Charles Garnier est né en 1825 rue Mouffetard, à Paris d’un père forgeron et d’une mère dentellière. Il est doué en dessin et en mathématiques si bien qu’il est reçu à l’école des Beaux-Arts à 17 ans et décroche le Prix de Rome à 23.

Son séjour à la Villa Médicis, à Rome, lui permet de nouer les amitiés d’une vie avec les peintres et les sculpteurs. Il voyage aussi, parcourt la Grèce, et va jusqu’à Constantinople. Ces voyages le marquent profondément, lui donnant le goût d’une architecture colorée, de revêtements polychromes, de marbres et de mosaïque.

Quand il est choisi au concours de l’Opéra, il est prêt! Il recrute ses amis artistes de la Villa Médicis afin d’élaborer ensemble ce nouveau « temple » dédié à Apollon.

Ce chantier fabuleux est un événement à lui seul : ce sont les premiers grands travaux de nuit à Paris, un véritable spectacle ! C’est aussi l’aboutissement de ses recherches, il concilie les exigences pratiques du projet et la grandeur de l’édifice, réservé aux festivités d’une Cour Impériale et d’une bourgeoisie triomphante.

escalierssGarnier devient ingénieur hydraulicien, géologue, décorateur, architecte … Il est le chef d’orchestre de tous les corps de métier, des artisans et des artistes. Il est seul maître et juge. Tout passe par lui et il pense à tout.

Le Grand Escalier est la clé de ut du projet. Il n’est pas sans rappeller l’Escalier des Ambassadeurs de Versailles et l’escalier du Grand Théâtre de Bordeaux. Tout est fait pour être vu, pour être en vue. Comme dit Taine : « il faut jouïr et paraître ». Le squelette métallique du théâtre est dissimulé derrière des colonnes et des placages de marbres colorés. Les symboles ne sont pas oubliés : la Pythie, prêtresse de l’oracle d’Apollon à Delphes nous accueille sous le Grand Escalier et le Dieu tout en or, Apollon, entouré des muses domine les toits de l’Opéra, il lève sa lyre au-dessus de Paris. Il s’agit bien d’un temple dédié à Apollon, le Dieu des Arts et de la beauté, c’est ainsi que la façade principale est ouverte vers le sud, vers le soleil, vers Apollon.travaux

La guerre de 1870, la défaite, la chute du Second Empire et la Commune de Paris immobilisent le chantier pendant trois ans. Le Nouvel Opéra, considéré comme symbole d’un régime haï, est critiqué et son achèvement remis en question. Mais la chance tourne et l’incendie de l’Opéra de la rue Le Peletier relance les travaux. Charles Garnier est appelé à terminer le Nouvel Opéra au plus vite.

Le grand événement attendu arrive : l’inauguration a lieu le 5 janvier 1875, en présence du chef de l’Etat, le maréchal de Mac-Mahon.

salleCependant, Charles Garnier est obligé d’acheter sa place 20 francs afin d’y assister. Il n’est pas invité, il paraît oublié. A la fin du spectacle inaugural, il reste assis, il admire le lustre de 8 tonnes muni de 400 ampoules, il admire le rouge des velours des fauteuils et des tentures murales supposé donner aux belles dames une carnation de pêche. C’est un événement puisque jusqu’alors, les couleurs des tapisseries des théâtres étaient bleues et ors et non rouges et ors…

En attendant, l’architecte sort le dernier. Il arrive dans « Son Grand Escalier », et là, tout d’un coup une immense ovation retentit dans la cage d’escalier, des cris de joie et des applaudissements qui n’en finissent pas saluent l’œuvre titanesque de cet homme.

Et oui, tous les spectateurs l’attendent pour le célébrer. Quelle surprise! Quelle émotion!!!

Cet événement surpasse l’inauguration elle-même, et tout le monde sait qu’à ce moment précis le nouveau théâtre de l’Opéra de Paris est désormais l’Opéra Garnier, le Palais Garnier.