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L’Opéra Bastille, comment ça marche ? Petite visite.

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J’avais rendez-vous vendredi dernier avec Olivier Pierson, qui travaille comme décorateur à l’Opéra depuis sept ans et qui m’a offert le privilège de me faire visiter les backstages de l’Opéra Bastille.Lieux  bastille

Alors que l’ancienne gare de la Bastille était déjà utilisée comme lieu d’exposition en 1969, François Mitterrand décide d’un nouvel opéra à Paris et on assiste à son inauguration en 1989. A ce moment là, c’est plus de 1700 architectes qui participent au concours international et c’est Carlos Ott, architecte canadien-uruguayen, qui hérite du projet.

L’Opéra Bastille en quelques chiffres :
– 115 000 m2 de surface
– 80 m de hauteur totale dont 30 m sous la surface de la rue
– 3 salles (la grande salle, l’amphithéâtre, le studio)
– 3432 places toute salles confondues
– 3 élévateurs sous la grande scène qui permettent de hisser les décors
– 14 étages
– 500 employés fixes

opéra bastille

 

C’est un opéra unique que nous allons vous présenter ici. Unique car c’est le seul opéra qui produit en intégralité ses décors. Il y a une autonomie de la production, tout est fabriqué ici, il n’y a aucun prestataire extérieur qui vient compléter le travail. Les équipes des ateliers sont capables de gérer les moindres détails. Les ateliers travaillent à la fois pour l’Opéra Bastille et l’Opéra Garnier. Les locaux sont entièrement étudiés pour permettre cette fabrication.

En 2013 on a compté pas moins de 481 représentations pour l’Opéra National de Paris avec un total de 821 000 spectateurs.

opéra bastille

Comment se passe la fabrication ?

Avant de lancer la fabrication, un scénographe/metteur en scène est désigné pour le projet. C’est cette personne qui va mettre en place tout le processus de fabrication et de répétition. Le début des « travaux » commence environ 8 à 10 mois avant la première représentation et tout doit être terminé un mois avant la première représentation.

Le metteur en scène réalise en amont un travail numérique tiré d’un projet photographique. On travaille parfois en projection avec une réalisation au sol. Il y a donc un travail de graphisme numérique pour mettre au point tout le calepinage et avoir le document dans sa globalité.

opéra bastille

 

Quand les plans sont terminés, les équipes commencent à travailler les différentes structures et différents volumes. Grâce aux nouvelles matières utilisables, ils ont remplacé le plâtre (très lourd) par du polystyrène et de la résine ou des matériaux encore plus récents comme des produits à mémoire de forme (tissus d’origine acrylique qui épousent et garde la forme des objets voulus).

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Pour la plupart des volumes et sculptures ils partent de pains de polystyrènes que l’on achète dans l’industrie de l’isolation puis ils sont dégrossis pour arriver au résultat. Mais pour certaines grosses pièces, on utilise encore du plâtre. Cela nécessite une armature et parfois des moulages à la terre.

Il y a également un atelier de composites. C’est ici que l’on donne un coté structurel aux éléments car le polystyrène ne suffit pas. C’est donc la résine que l’on travaille pour donner un aspect dur. C’est comme du plâtre mais bien plus léger et maniable.

C’est une des évolutions phares que l’on observe dans ce secteur : le numérique et les nouveaux matériaux. Ce n’est pas le produit final qui change mais la façon d’y arriver.

opéra opéra

 

Quand le produit est terminé et placé sur un plateau de 200 m2, adapté à la scène, on peut le déplacer à volonté au sein de l’opéra grâce à un important réseau de rails. Chaque plateau va représenter un décor et peut être déplacé par un seul machiniste. Ainsi, la scène est entourée de 6 cases dans lesquelles on range les différents plateaux en vue des représentations. Cela permet une alternance des décors dans une même programmation.

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L’avis d’Olivier Pierson, décorateur à l’Opéra depuis 7 ans :

C’est vraiment un plaisir de travailler ici car on a le temps de faire les choses. On a la capacité de produire ce que l’on veut, les choses sont claires et organisées et on ne travaille pas dans l’urgence. Il y a de très bonnes conditions de travail. Même si je travaille sur d’autres projets, ici ils proposent de grandes sessions. Ces conditions-là n’existent nulle part ailleurs : avoir une production intégrale en interne et proposer un travail complet.

 

 Un grand merci à Olivier d’avoir pris le temps de nous faire visiter ce magnifique endroit !

Pour voir toutes les programmations de l’année 2013/2014 de l’Opéra National de Paris, cliquez ici