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L’histoire des journées du patrimoine

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Voilà plus de trente ans que les files d’attente s’allongent devant les édifices dignes d’une visite exceptionnelle … Pas seulement. Cette histoire commence au XVIIIè siècle !

Sous le roi Louis XV, on décide d’ouvrir aux maîtres d’art et leurs élèves les collections royales du château du Louvre. La Révolution de 1789 confirme cela en ouvrant au peuple le Museum central des Arts annonçant le futur Musée du Louvre.

La 1ère République proclamée le 22 septembre 1792 crée le calendrier révolutionnaire, une ère nouvelle commence, on doit faire table rase du passé.

Durant la tragique période de la Terreur où le vandalisme détruit les symboles monarchiques et religieux, un homme insensé mais génial a le courage de sauver quantité de monuments pour des raisons artistiques. Son nom : Alexandre Lenoir.

Ainsi, Lenoir obtient les autorisations nécessaires d’organiser la réunion des objets d’art des Biens Nationaux afin d’éviter leur dispersion ou leur destruction. A l’abbaye de Saint-Denis, il sauve de justesse presque la totalité des gisants royaux, mais aussi il intervient dans toute l’Ile-de-France. Également, il récupère des éléments architecturaux ou des frises décoratives. Il entrepose tous ces trésors dans l’ancien couvent des Petits Augustins, et en 1795, l’idée lui vient d’y ouvrir un musée. Un musée didactique, pédagogique, présentant les collections de salle en salle, de siècle en siècle : le Musée des Monuments français (sis rue des Petits Augustins devenue la rue Bonaparte depuis).

L’ouverture de ce musée, le premier du genre, est un événement retentissant ; imaginez des queues de plus d’une heure d’attente, pour découvrir les merveilleuses collections sauvées par Lenoir.

Depuis Alexandre Lenoir, depuis 1795, nous n’arrêtons plus d’attendre patiemment pour entrer dans une exposition, dans un musée … Grâce à lui, le concept de protection et de conservation du patrimoine architectural est né, même si le Musée des Monuments français a une fin. Louis XVIII le ferme en 1816 afin de créer l’école des Beaux-Arts dans les mêmes bâtiments.

Mais le concept de Lenoir fait son chemin, d’autant plus qu’en 1820, une tragédie se déroule en Bourgogne. La plus grande abbaye romane d’Europe est en vente, son église mesure 3 pieds de plus que Saint-Pierre de Rome, elle est en vente au poids de la pierre, du bois, du métal. Cluny pleure, Cluny crie mais il est trop tard. Il n’en reste qu’une infime partie aujourd’hui.

Cet événement impensable fait réagir nombre d’artistes, d’écrivains, d’historiens, ils se disent : « orphelins de nos pères », depuis la Révolution. Il nous faut reconquérir notre histoire, notre passé,notre patrimoine donc. Au même moment, le romantisme est né dans les ruines médiévales de nos vallées avec comme devise : « retournons à nos propres sources ».

En 1830, Louis-Philippe 1er, roi des Français, monte sur le trône.

Un nouveau service administratif voit le jour : le Bureau de Protection des Monuments Historiques dont Ludovic Vitet est le premier inspecteur général, Prosper Mérimée lui succède en 1834.

Prosper sillonne, traverse, parcourt la France dans tous les sens, à cheval, en diligence, à pied afin de recenser tous les édifices dignes d’être protégés et entretenus. Pour cela, il crée l’Inventaire des Monuments Historiques afin d’éviter un nouveau saccage comme la destruction de Cluny. La liste établie permet de faire l’état des lieux : la Madeleine de Vézelay, le Mont Saint-Michel, les Antiques d’Arles, de Nîmes et d’Orange, la cathédrale Notre-Dame-de-Paris, la Sainte-Chapelle aussi qui profite du premier chantier de restauration en 1835. Considéré comme un chantier-école, Félix Duban le dirige, il engage un jeune stagiaire du nom d’Eugène Viollet-le-Duc.

C’est parti ! L’aventure des Monuments Historiques commence, la prise de conscience des pouvoirs publics est réelle. On ne peut plus dire : « Mais pourquoi gardez-vous des bâtiments qui ne servent plus à rien? » – « Et bien oui, nous les gardons et les restaurons, ils nous racontent une histoire, leur histoire, notre histoire. »

Tout commence quand un palais princier devenu palais national crée un événement incroyable, relayé dans toute la Presse, lorsque le Président Giscard d’Estaing ouvre les salons du Palais de l’Elysée en 1977. Puis l’année 1980 est déclarée « Année du Patrimoine ». Enfin, sous la présidence de François Mitterrand, le ministre de la Culture Jack Lang crée l’événement, en 1984, en instituant les Journées Portes Ouvertes dans les Monuments Historiques le 3è dimanche de septembre.

En 1992, c’est le retour de Jack, cet événement devient : les Journées du Patrimoine, et on passe à deux jours de festivités s’il vous plaît.

En 2000, la ministre de la Culture Catherine Tasca, rejoint les propositions du Conseil de l’Europe en intitulant l’événement : Journées européennes du Patrimoine.

Ainsi, cet événement créé en France rayonne dans toute l’Europe avec 45 nations intéressés à valoriser leur patrimoine.

De la découverte des salons dorés du Pouvoir, de châteaux privés, de fermes fortifiées, de fouilles archéologiques, du chantier d’un château-fort en construction à Guédelon, la curiosité, le plaisir, l’apprentissage de notre histoire, du patrimoine industriel ou de l’art contemporain. On ne sait où donner de la tête avec les 17000 lieux à visiter en 2014, 17000 événements recevant 12 millions de visiteurs pour la 30è édition. Cette année 2015, nos Journées européennes du Patrimoine ont lieu les 19 et 20 septembre avec comme thème :  » Le patrimoine du 21ème siècle, une histoire d’avenir. »