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Le Cinéma fête ses 121 ans

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Le Cinéma ou l’art de donner vie à des images fixes

magica-catoptrica    L’idée de projeter des images en mouvement remonte à plusieurs siècles, et si nous célébrons cette année le 121ème anniversaire du Cinématographe, tout commence à Rome en 1640, lorsque Athanasius Kirchener présente sa « Magica Catoptrica », la première Lanterne Magique.

A la fin du XVIIIème siècle à Paris, la Cour et la Ville accourt aux fantasmagories et aux projections lumineuses de Robertson.

Les inventions s’accélèrent de 1830 à 1860, avec Ritter à Vienne et son « stroboscope », Horner à Londres et sa « roue du diable  » et Sellers à Philadelphie et son  » kinémascope ».

Toutes ces inventions présentent un disque rotatif montrant une succession d’images au fur et à mesure que le disque tourne. Chaque image ne diffère que par de très légères modifications donnant une image finale semblant être en mouvement.

pellicule-dicksonNous voici ainsi dans l’application du principe de communication entre l’œil et le cerveau. L’œil retient chaque image d’1/20ème à 1/10ème de seconde suffisamment pour qu’elle se fonde avec l’image suivante. Ainsi, l’illusion du mouvement continu est obtenue.

Bien sûr, il faut tenir compte de l’invention de Daguerre en 1839 : la photographie… Et les expériences commencent notamment en 1877, lorsque Muybridge place 24 appareils photographiques alimentés par électricité pour les déclencher lors du passage d’un cheval au galop. Il prouve ainsi que les quatre sabots au galop sont soulevés au-dessus du sol.

On constate ainsi que les photographies voient ce que l’œil seul, lui, ne peut pas voir.
Les choses s’accélèrent dans les années 1880 quand Reynaud présente son praxinoscope lors d’une projection sur un écran. Et voilà l’arrivée du fusil photographique de Marey annonçant l’invention de la caméra, à Paris avec Marey, à Londres avec Freise-Greene. La trouvaille essentielle revient à Dickson, assistant d’Edison, qui trouve la façon de dérouler la pellicule à l’intérieur de l’appareil photographique. Cette solution consiste à perforer la bande : ainsi des perforations régulières permettent un défilement continu et le repérage précis des images.

 

 

Le film est né!

lumiere-cinematographe-nomad-art-and-designJusqu’à présent, cette « nouvelle curiosité » profite aux tréteaux de bateleurs des spectacles forains et, en 1895, nous assistons à une « mise au monde ». Des projections publiques payantes d’images animées ont lieu dans les grandes villes d’Europe et aux Etats-Unis, mais elles sont sans lendemain, simple effet de curiosité, d’autant plus que les images sont médiocres et elles sautillent.

Toutes ces tentatives de séances publiques sont balayées par la projection du Grand Café. Cette fois, les frères Auguste et Louis Lumière créent l’événement. Le 28 décembre 1895 le salon indien du Grand Café offre une nouvelle attraction : Le Cinématographe Lumière.

Les frères choisissent le mot grec : « kinema » qui signifie « mouvement ».

Nous sommes boulevard des Capucines, à Paris, c’est la semaine de Noël, la foule se promène sur les Grands Boulevards et les divertissements sont nombreux.

Cette projection d’images animées fait salle comble.

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L’appareil de projection? Les frères Lumière connaissant les recherches en cours, leur « Cinématographe » est un aboutissement réussi : réversible, maniable, il assure trois fonctions : prises de vues, projection et tirage. Ce premier appareil est un prototype « maison », mais une fabrication en grand nombre est en cours, à Paris.

Lors de cet événement « cinématographique », les vues proposées ont été tournées par Louis et Auguste Lumière comme un album de famille. Les décors sont ceux de l’usine de Lyon, la propriété de La Ciotat. Les « acteurs » sont la famille ou les employés. Les vues ont pour titre : « L’Arroseur arrosé », « Le Déjeuner de bébé » ou  » L’Arrivée d’un train en gare de La Ciotat ». La projection restitue sur l’écran une image convenable, grande et lumineuse.

Cette première séance réussie devient l’événement dont on parle assurant le succès du « Cinématographe Lumière ». Il démontre son écrasante supériorité sur tous ses concurrents, les commandes affluent du monde entier garantissant l’expansion de cette « machine à reproduire la vie ».

Une centaine d’opérateurs sont formés à l’école Lumière et lancés à travers le monde avec mission de faire connaître le « Cinématographe ». Là aussi, dans chaque capitale, ils organisent des avant-premières en séances privées perçues comme des événements auprès des souverains régnants. Dès le printemps 1896, l’empereur François-Joseph à Vienne, la reine d’Espagne, le roi de Serbie et le tsar de Russie ont vu le cinématographe lui assurant une vraie publicité. Ainsi, les séances de projection publiques sont pleines à craquer.

Immédiatement le Cinématographe Lumière va partir à la conquête du monde engendrant une nouvelle époque de recherches et d’inventions.

Le cinéma profite en quelques années d’un développement artistique, technique et industriel, il est devenu l’Invention du siècle!