[INNOVATION] L’histoire de… Thomas DURAND

Ber’Minute

C’est peut-être l’histoire de la cocotte -minute SEB, en version ber.
Le ber, je suis tombé dedans il y a 10 ans et je n’arrive plus à m’en sortir. Aujourd’hui, à la tête de la société NAUTIPARK, j’ai pour mission journalière de faire aimer le ber autour de moi, à mes salariés, à mes partenaires et surtout à mes clients. Pour ceux qui connaissent le produit, ce n’est pas celui qui déclenche le plus d’émotions à première vue !

Cette histoire a pour but de tester mes méthodes sur vous. Si après cette histoire, vous devenez, comme moi, passionnés du ber alors, vous vous mettrez à regarder les bers plutôt que les bateaux dans les ports.

Pour ceux qui ne connaissent pas le ber, il est un diminutif de berceau à bateau, ce sont donc les cales qui permettent de maintenir le bateau droit sur sa quille lorsqu’il est stocké hors de l’eau.

Commençons l’histoire maintenant,
En 1994, Christophe, mon actuel associé monte un chantier naval sur la vilaine à quelques kilomètres de la roche Bernard. Il a pour but de faire un port à sec et invente avec son père le matériel permettant de caler et de manutentionner des bateaux. Ce matériel a la particularité, par son ergonomie et sa polyvalence, de permettre à une personne seule de gérer un parc de 200 bateaux. Il a donc l’idée de créer un ber modulable permettant de s’adapter aux différents bateaux, et réduit à 2 le nombre de références produit, là où les différents acteurs du marché ont 5 à 20 modèles.

En 2001, mon père qui est alors à la recherche de nouveaux projet rencontre a la CCI de saint Nazaire les inventeurs est séduit par les produit et monte une entreprise pour industrialiser leur inventions. Se suivent des années d’évangélisation, et grâce à un travail de terrain et beaucoup de volonté, il parvient à s’installer sur le marché et à obtenir une notoriété nationale. Des déceptions de sous traitance oriente l’entreprise pour monter un atelier de fabrication en 2006 et en parallèle faire fabriquer le gros de la production en Europe de l’est. J’entre dans l’entreprise à ce moment-là et travaille à la fabrication des pièces à l’atelier.

En 2008, mon poste a évolué vers la gestion de l’atelier et le bureau d’étude, l’inventeur des produits initiaux est missionné pour créer de nouveaux produits et préparer l’avenir, nous nous découvrons et la mayonnaise prend entre nous, professionnellement parlant.

En décembre 2008, nous apprenons qu’un industriel a copié l’ensemble de notre gamme de produits et les commercialise avec un slogan « nouvelle gamme de produit avec toutes les qualités des anciens et moins chers » les anciens, ce sont les nôtres, la différence de cout, elle, est significative. Je présente la documentation commerciale de ce nouveau concurrent à mes collaborateurs qui me félicitent croyant qu’il s’agissait de notre nouvelle documentation!
Etant attaqués sur notre activité principale, environ 50% de l’activé, nous décidons de réagir fort, sur 3 plans :

  • juridique : nous lançons un procès pour concurrence déloyale et parasitaire que nous gagnerons 3 ans après
  • commercial : nous baissons de 20% le prix de nos produits et embauchons un commercial pour occuper le terrain
  • technologique : nous décidons de faire évoluer nos produits.

C’est le déclic !
Sous pression, nos idées fusent, nous travaillons soir et week-end, nous dessinons des modèles, effectuons des statistiques en mesurant des centaines de bateaux, consultons des fournisseurs pour exploiter leur potentiel, fabriquons des prototypes, testons, cassons, et recommençons nos cycles de prototypage.

Et en à peine 1 an, notre nouveau produit sort. Il relègue au statut de matériel « ancienne génération » nos anciens produits et toute la concurrence. Le matériel créé est design ergonomique, léger, plus polyvalent et protégé par 2 brevets. En plus, nous avons réintégrer en France à saint Brévin les pins l’ensemble de sa production.

Aujourd’hui, nous avons quadruplé les ventes en vendant plus de 2500 bers par an, 1 port sur 2 en France travaille avec ce matériel, et nous commençons à travailler en Espagne, en Angleterre, en Belgique et en Grèce. Pour terminer cette histoire, je rebondis sur la phrase que Jérôme ANTOINE a choisi dans notre annuaire Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté.

Cette difficulté que nous avons rencontré en ce mois de décembre 2008 aurait pu être la fin de notre projet. Nous avons réagi et avons décidé de nous battre pour notre avenir, au final en nous appuyant et en nous nourrissant de cette difficulté, nous avons monté un projet plus ambitieux.

J’ai pris la gérance de l’entreprise, j’ai repris les parts de l’entreprise avec Christophe, l’inventeur.

Depuis, nous avons doublé le chiffre d’affaire, embauché 5 personnes et construit un atelier complémentaire.

Pendant cette histoire, l’entreprise s’est métamorphosé, s’est industrialisé, et notre ber est devenu la référence nationale. Quand nous nous baladons sur les ports, nous sommes fiers de voir nous avons laissé notre trace, à l’image de la cocotte-minute SEB dans les cuisines des ménagères les plus respectables.

Nous avons créé le seul ber qui fait que maintenant, je l’espère, vous regarderez plutôt les bers que les bateaux sur les ports…