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MARQUES

L’événement est dans le transport : Heetch

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Depuis BlaBlaCar, tout le monde connaît le covoiturage, un service qui a remplacé l’auto-stop. Mais pas toujours facile de lever le pouce la nuit, ou même parfois de trouver un transport en commun ou encore un taxi lorsqu’il se fait tard. C’est de ce constat qu’est née Heetch, la version 3.0 du « hitch-hiking » (auto-stop).

Heetch, la meilleure appli des noctambules

Heetch, via une application mobile, est un service de mobilité nocturne. Spécialement conçue pour les noctambules qui cherchent à se déplacer facilement entre 20h et 6H du matin, elle met(tait) en relation des conducteurs (particuliers) et des clients dans les grandes villes comme Paris, Lille ou encore Lyon.

Rentrer chez soi la nuit avec Heetch

L’idée de Heetch est née en 2013. Teddy Pellerin et Mathieu Jacob, les deux fondateurs de la start-up, se rendent compte que, pour les jeunes, il n’est pas si simple de se déplacer la nuit dans les grandes villes ou en banlieue. Ils mettent au point une application mobile pour mettre en relation conducteurs et passagers pour partager un trajet la nuit. Plus convivial qu’un taxi ou un VTC et surtout moins cher, ce mode de déplacement correspond parfaitement à leurs besoins. Pas de tarification fixe, on se tutoie, et ensuite on s’évalue. Un concept simple, mais en France, depuis l’arrivée d’Uber, on sait que rien n’est vraiment simple dans le secteur très protégé du transport de personnes. Uber, et son service Uberpop aujourd’hui supprimé, s’en rappelle encore.

Heetch ne fait pas le bonheur de tous

Ni vraiment un taxi ou un Uber…Car d’un côté les conducteurs (ou « drivers ») peuvent être Monsieur ou Madame tout-le-monde, et de l’autre les clients donnent ce qu’ils souhaitent pour la course. Un business model peu courant qui a engendré la colère des taxis, mais aussi des VTC qui pour une fois étaient du même côté, celui des plaignants. Ils ont réussi, le 2 mars dernier, à faire condamner la start-up Heetch par le Tribunal correctionnel de Paris pour « complicité d’exercice illégal de la profession de taxi ». Verdict : près de 500 000 euros d’amende dont 300 euros à verser à chacun des 1 463 chauffeurs de taxi portés partie civil.

Côté utilisateur pourtant, Heetch avait – car l’application est suspendue depuis le 2 mars – de nombreux avantages : pouvoir rentrer chez soi n’importe où, même en banlieue, et à n’importe quelle heure de la nuit, en toute sécurité pour un tarif raisonnable. Car même si l’utilisateur pouvait ne rien donner, la trajet moyen était d’environ 10 euros (selon l’estimation de Heetch). Pour les taxis (et les VTC) c’était évidemment une concurrence de trop, parfaitement déloyale voire illégale.

Heetch est mort, vive Heetch ?

Pour faire entendre sa voix à l’issue du procès et permettre à chacun de les soutenir, les fondateurs ont lancé une manifestation virtuelle le 4 mars, #generationheetch. Celle-ci a rassemblé plus de 195 000 « participants » dont sans doute une bonne partie d’utilisateurs mécontents de la suspension du service.
Il y a quelques temps Heetch revendiquait environ 200 000 utilisateurs (dont 80% de 18 à 25 ans), 40 000 trajets hebdomadaires et 5 000 « drivers » occasionnels, la loi empêchant ces derniers de dépasser 6 000 euros de revenus grâce à Heetch pour ne pas concurrencer les professionnels du secteur, les taxis ou les chauffeurs d’Uber. Heetch compte encore 50 salariés. Et même si son activité est pour l’instant suspendue et l’entreprise toujours vivante, difficile de dire quel sera leur avenir ou celui des drivers qui arrondissaient leurs fins de mois, les fondateurs se laissant le temps d’étudier le jugement afin de déterminer s’ils font appel ou non.

 

L’économie de partage ne semble pas encore être rentrée dans les moeurs. Alors ressortez vos pouces et peignez-les en fluo, vous aurez peut-être une chance qu’on vous prenne en stop la nuit…ou pas.